Au M-Museum à Louvain – Le monde vu par Peter Buggenhout

Situé à Louvain, près de Bruxelles, le M-Museum accueille jusqu’au 31 mai la première rétrospective de l’œuvre de Peter Buggenhout. A bientôt 52 ans, le plasticien belge poursuit son exploration de la «  matière abjecte  », celle d’objets et de machines mises au rebut, qu’il détourne à travers des compositions sculpturales de toutes dimensions, illustrant le monde chaotique dont il se veut le témoin.

«  Voyez-vous, dit Peter Buggenhout en pointant la vue qui s’étend de l’autre côté de la large baie vitrée du M-Museum de Louvain (bâtiments de toutes formes et de toutes époques s’enchevêtrant, tours de l’hôtel de ville gothique, grue de chantier, etc.), ces mélanges de temps, de styles, de périodes, c’est beau et en même temps c’est horrible, terrible. Ce monde est compliqué, c’est de cet environnement inquiétant que je cherche à rendre compte.  »

C’est une impressionnante exposition monographique de Buggenhout qui vient de s’ouvrir au M-Museum. L’artiste, né en 1963, vit et travaille à Gand. Voici une quinzaine d’années, il a arrêté de peindre pour s’affranchir des limites de la toile. Il a exposé à l’international, entre autres au MoMa/PS1 à New York, à la Biennale de Taipei, à la Maison Rouge et au palais de Tokyo, à Paris, et à Art Unlimited Basel. En Belgique, on a pu voir son travail au Musée Dhont-Dhaenes, à Be-part à Waregem, à Track à Gand, à Bruges et à la Centrale à Bruxelles. C’est sa première grande exposition monographique en Belgique.

On avait pu voir une immense œuvre de l’artiste au centre de l’exposition Distant Proximity, en 2014 à la Centrale for contemporary art. Dégageant une force et une angoisse intenses, entièrement recouverte de poussière presque noire, elle était à la fois pôle magnétique de l’exposition mais aussi trou noir, contrepoint sans issue.

C’est en assemblant des éléments qui n’ont «  rien à faire ensemble  » que l’artiste gantois donne à voir le chaos extrême dont le monde est constitué. Si les artistes tentent de montrer ce que le commun des mortels ne veut pas voir ou ne voit pas encore, alors, l’avenir est sombre, bien sombre. Ne faisant aucunement allusion à l’inconscient ou à une quelconque analyse psychanalytique, Buggenhout met en avant sa perception du monde : «  Mes œuvres révèlent plusieurs couches de ce qu’est le monde qui nous entoure.  » (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

Peter Buggenhout, photo Dirk Pauwels courtesy M – Museum Leuven
On Hold #1, Peter Buggenhout, 2015

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