Maïa Muller au Marais – Changement de décor

Galerie Maïa Muller

La galerie Maïa Muller inaugure demain un nouvel espace de 70 m2 dans le quartier du Marais, à Paris. Avec ce lieu situé au 19, rue Chapon, près de la galerie Christian Berst et de quelques autres noms aujourd’hui réputés, la jeune galeriste quitte l’institutionnel Saint-Germain-des-Prés pour aller à la rencontre d’un public différent. L’exposition collective intitulée Viens la mort, on va danser, sur une idée du critique d’art Philippe Piguet, inaugure le nouveau lieu.

Galerie Maïa Muller
Vue d’expo, Viens, la mort, on va danser, 2013
ArtsHebdo|Médias. – Pourquoi avoir choisi de déménager de Saint-Germain-des-Prés au Marais ?

Maïa Muller. – C’est très important de disposer d’espace et ainsi de travailler différemment. Je vais pouvoir réaliser des expositions plus ambitieuses. Je souhaitais depuis longtemps m’agrandir et, dans le 3e arrondissement, on peut encore trouver des surfaces abordables. Le Marais – après y avoir passé un peu de temps à prospecter – s’est avéré plus en phase avec les œuvres que j’expose, notamment celles des jeunes artistes. Ceux que je représente ont entre 20 et 40 ans. Mon travail consiste à détecter de nouveaux talents et à les suivre sur le long terme. J’aime défricher et suivre mes coups de cœur. Je suis engagée auprès des œuvres que je défends. Cette nouvelle situation géographique va me permettre de toucher un public plus curieux de la scène émergente.Viens la Mort on va danser est une exposition collective de vos artistes et d’artistes invités. Comment pourriez-vous définir votre ligne  ?

J’aime les images qui nous interpellent ou qui nous marquent. L’idée de cette exposition n’était pas d’aligner les têtes de mort ou d’assouvir des penchants morbides, mais de travailler sur le sujet pour l’élargir. J’ai invité Philippe Cognée, Philippe Favier, Sacha Ketoff, Christian Lhopital, Arnulf Rainer et Barthelemy Togo à exposer aux côtés de «  mes  » artistes. Je présente également, par exemple, une gravure de Goya et une d’Odilon Redon. Je travaille sur la transversalité. Les jeunes que je défends sont des artistes conscients d’une histoire de l’art qu’ils prolongent peut-être. Ils ne sont pas dans le déni de ceux qui les ont précédés. Ce qui m’intéresse est de créer des passerelles. Les artistes invités créent le lien entre cette histoire de l’art et les plus jeunes. Philippe Piguet connaît la «  ligne de la galerie  » et a vu que la thématique permettait de les réunir. S’ils ont imaginé des œuvres pour cette exposition, ils ne sont pas franchement sortis de leur thématique habituelle. Répondre à la question d’une ligne n’est pas aisé… Il est écrit dans le dossier de presse  : «  Contemporaine, figurative, volontairement singulière et répond à des coups de cœur  ». Je crois que tout cela est un peu inconscient. Le point commun de tous les artistes que j’expose est une belle technique leur servant à créer des univers forts et personnels, qui dévoilent une mythologie du quotidien, flirtent avec le fantastique, jouent avec l’humour. Je pense que le symbolisme n’est pas totalement étranger à mes choix, qu’il y a un côté baroque contemporain revisité dans ces derniers. J’avais d’ailleurs déjà proposé une exposition de dessins qui s’intitulait Fantômes baroques.

Myriam Mihindou courtesy galerie Maïa Muller
Déchoucaj’ 3, Myriam Mihindou, 2004-2006
Dessin, peinture, gravure, photographie, ce nouvel espace pourrait vous inviter à présenter de l’installation  ?

Ma ligne directrice n’étant ni abstraite, ni conceptuelle, ce n’est pas prévu. Si j’ai un coup de cœur sur le travail d’un artiste, en revanche, ce n’est absolument pas impensable. J’aime la poésie et si je peux trouver de la poésie dans une installation, pourquoi pas. Mais cet espace a été initialement voulu pour présenter, enfin et vraiment, de la peinture.Qui, dans vos rêves les plus fous, aimeriez-vous exposer  ?

Philippe Favier, parce que son œuvre correspond parfaitement à ce que j’apprécie, présente et défends. J’aime énormément son travail. J’aimerais exposer plus de peintres, d’une manière générale. Des artistes internationaux également. Des Indiens, notamment, mais aussi des Allemands, parce que c’est dans mes gènes  ! Idéalement je voudrais mélanger les jeunes et les moins jeunes, faire un travail de galerie à l’ancienne en écrivant une histoire, de préférence la leur. C’est toujours difficile de défendre de jeunes artistes, mais c’est une passion et, grâce à ce nouveau lieu, elle pourra s’épanouir pleinement.

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