Gérard Garouste à Bruxelles – Ce cercle qu’on se choisit

Gérard Garouste, Michel François, Gerhard Richter

«  En médecine et en psychologie, une obsession est un symptôme se traduisant par une idée ou un sentiment qui s’impose à la conscience du sujet qui le ressent comme contraignant et absurde, mais ne parvient pas à le chasser malgré ses efforts. L’obsession est fréquemment associée à des compulsions. On parle alors d’obsession-compulsion, phénomène que l’on rencontre le plus souvent au cours de la névrose obsessionnelle ou du trouble obsessionnel compulsif, et plus rarement dans d’autres situations », nous apprend Wikipédia. Les obsédés, ce sont bien évidement les artistes, obsédés par la couleur, la quête intime d’inspiration et de catharsis. Mais aussi les collectionneurs, obsédés par l’œuvre qui manque à leur ensemble, par l’univers des divers artistes qu’ils rencontrent et achètent. Ce sont ces derniers qui sont une nouvelle fois invités – il s’agit du treizième accrochage depuis 2011 – chez Maison Particulière, à Bruxelles, à présenter des pièces issues de leur collection sur le thème de… l’obsession  !

C’est une sélection belle et équilibrée qui est à voir autour des toiles grand format de Gérard Garouste, l’artiste invité, et des meubles aux formes organiques d’Elizabeth, son épouse, la designer invitée. Voyons ici aussi l’occasion, à travers la visite d’interroger nos propres obsessions de visiteur et d’humain, émotions cachées, intimes et répétitives, celles qui nous donnent une raison de vivre ou celle qui nous consument petit à petit… Bref, une intense visite ! Gérard Garouste, lui-même collectionneur, a choisi une série d’œuvres qui constituerait une sorte de musée imaginaire et idéal. Il a sélectionné le peintre allemand Neo Rauch, le français Ben, mais aussi Sigmar Polke (disparu en 2010)  ; ainsi qu’une Odalisque de Jean Hélion (mort en 1987), datant de 1953. Pour savourer la visite, les citations littéraires sélectionnées par François De Coninck sont à lire enfoncé dans un des confortables fauteuils design, au bord d’une table basse supportant un bouquet de fleurs assorties aux œuvres accrochées… tandis que François Rachline commente les œuvres de l’artiste invité.

Voici comment François De Coninck décrit l’obsession du collectionneur : « Son désir fait de lui cet être intranquille, habité par une obsession informe à la recherche d’une forme. (…) C’est une âme en fuite dans un corps qui rêve, dont l’œil est perpétuellement aux aguets. » Pour la toile sans châssis de Claude Viallat, marquée de formes rouge vif, il cite sans vergogne Alphonse Daudet  : «  C’était un long chemin tout pavé de braise rouge.  » Pour une composition de Lionel Estève faites de mille petits morceaux de films colorés, Rainer Maria Rilke  –à propos de Rodin, dont il fut le secrétaire –  : «  Et l’artiste est toujours celui-ci, un danseur dont le mouvement se brise sur la contrainte de sa cellule.  » (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

Alvin Booth, courtesy Acte 2
Mamae, Alvin Booth, 2013

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