A la Gaîté Lyrique à Paris – Et je mappe le son !

Scale, photo Orevo

Depuis le 24 octobre, les sous-sols de La Gaîté Lyrique hébergent une boîte de nuit utopique, rêvée par le commissaire Vincent Cavaroc  : l’événement Paris Musique Club convie petits et grands, néophytes, musiciens et DJ accomplis à explorer le son par l’image autour de six installations interactives, d’ateliers collaboratifs, de soirées live, de masterclass et de projections à 360°.

Jusqu’au 31 janvier, tels des automates endormis, une série d’instruments fantastiques créés par le collectif d’artistes, designers et techniciens Scale nous invite à augmenter le son par l’image. Sur une composition de Rami Khalifé – du groupe Aufgang –, un piano mécanique joue une énigmatique symphonie pour 176 leds colorés (Résistance). Mais il suffit de se mettre soi-même au clavier pour que la sculpture tubulaire fasse résonner d’autres tonalités lumineuses sur nos improvisations. Magique  ! Dans une autre systémique, à contempler par casque interposé (1020s), le Boléro de Ravel inspire les variations graphiques d’une cascade de formes géométriques, dont chacune symbolise une voie instrumentale dans la fameuse partition écrite par le compositeur français en 1928. Rien de plus hypnotique que cette marche chorégraphique aux couleurs électro-pop  ! Terminal est sans doute l’installation la plus contemporaine et la plus spatiale des six propositions déployées par Scale  : réalisée avec la collaboration des équipes de recherche de l’Ircam et la compositrice Chloé, elle apparaît sous la forme d’un vortex delumières blanches et dynamiques au sol, une tablette digitale pour gouvernail  ; le seul effleurement d’un doigt sur l’écran vous prépare au décollage. Mais vous n’avez encore rien vu si, dans la pénombre de cette étrange rampe de téléportation, vous n’avez pas pluggé votre téléphone mobile dans l’un des petits boîtiers mis à disposition et munis d’un haut parleur. La synesthésie ne peut qu’opérer dès lors que l’on prend véritablement les commandes de cette boîte de nuit improvisée. Reste qu’il est préférable d’être en forme pour activer par la danse les 32 éléments de batterie composant l’installation Playground  !Scale, photo Orevo

Scale, photo Orevo
Vues de l’installation Résistance, Scale, 2015
Un peu plus loin, sur une table basse, des mini tablettes numériques permettent – dès l’âge de 4 ans – de s’initier aux applications telles que Samplr, Figure, Keezy, Musyc, Patatap ou Loopimal pour faire interagir son et images avec sa propre imagination. Si, passée la quarantaine, l’appréhension logicielle est plus incertaine, le laboratoire proposé par l’équipe fondatrice du logiciel Ableton – de vraies consoles de DJs dotées des outils numériques Live et Push – incite plus volontiers les adultes à changer de métier  ! Près du piano démoli – référence à la performance de Gustave Metzger lors de l’Art Symposium de Londres en 1966 –, le visiteur est convié à une expérience immersive à 360°  : Immorphosis. Sur la totalité des murs, du sol et du plafond de la pièce, sont projetés tour à tour quatre films interactifs créés à partir de musiques originales signées Bambounou, Etienne Jaumet, Bachar Mar-Khalifé et Arnaud Rebotini, sous la direction artistique de Joachim Olaya et du collectif Scale. Fiction en clair-obscur, architectures géométriques, paysages désertiques ou balade «  hyperphotographique  » dans les clichés parisiens du photographe et plasticien Jean-François Rauzier  : les esthétiques proposées nous font ici pénétrer des atmosphères visuelles et sonores radicalement différentes alors qu’une borne d’arcade située au centre de la salle permet d’augmenter les vidéos par des effets en temps réel, voire, de faire apparaître des séquences «  cachées  ».

Outre cette exposition à contempler, vivre et expérimenter, le Paris Musique Club tient un carnet bal par le biais duquel douze associations, labels, et éditeurs indépendants mènent chacun la danse pendant quatre jours. Respectivement octroyées au collectif de «  riot girls  » Barbi(e)turix et à celui formé d’activistes d’une club-culture métissée, Mawimbi, les deux prochaines – et dernières – cartes blanches de ce «  black cube  » se dérouleront du 21 au 24 janvier et du 28 au 31 janvier.

Scale, photo Teddy Morellec
Vue de l’installation Terminal, Scale, 2015

A l’occasion de Paris Musique Club, le centre de ressources met à la disposition du public, un ensemble de documents explorant les thèmes transdisciplinaires de l’exposition, en consultation gratuite à la médiathèque : une sélection d’ouvrages et d’ebooks sur le rapport image/son dans l’art numérique et sur les diverses formes de la création musicale contemporaine ; un choix d’ouvrages jeunesse sur les thèmes de la musique et du son ; une sélection de ressources vidéos, parmi lesquelles des clips d’artistes hébergés par certains labels invités.

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