Pierre et Gilles à Bruxelles – L’image au pouvoir

Pierre et Gilles, courtesy galerie Daniel Templon

Ouvert en 2010 à l’initiative d’un couple de collectionneurs belge, Amaury et Myriam de Solages, le centre d’art Maison Particulière est un projet atypique : sa programmation suit le rythme d’accrochages confiés à différents collectionneurs, conviés à présenter les œuvres de leur choix, souvent en résonance avec le travail d’un artiste lui aussi invité. Jusqu’au 5 juillet, il accueille en ses murs une proposition conçue par le duo français Pierre et Gilles autour du thème des icônes – qui donne son titre à l’exposition –, qu’il s’agisse de figures saintes, mythiques, historiques ou intellectuelles, et, plus largement, du pouvoir des images. Des œuvres issues de quatre collections privées entrent ici en dialogue avec les pièces présentées par les deux artistes.

Maison Particulière nous donne une nouvelle fois à voir ce qui anime les collectionneurs, leurs choix, leurs passions, leur leitmotiv. Les icônes font référence aux images qui marquent notre conscience collective et individuelle. De nombreuses photos des célèbres et si sympathiques photographes Pierre et Gilles côtoient des tableaux anciens, des sculptures, de la bande dessinée et d’autres réalisations contemporaines.

Dans le mot « icône » s’entend le terme anglais icon, signe visuel, mais également iconoclastequi fait table rase du passé – eticoniques, comme le sont les invités du lieu, Pierre et Gilles, devenus eux-mêmes des icônes par leur œuvre autour du même sujet. Ces deux artistes français, l’un photographe, l’autre peintre, ont évidemment trouvé leur place dans le thème de l’exposition. « Icône(s) nous a parlé d’emblée, car c’est de cela que traite notre travail depuis toujours. Même si celui-ci est parfois perçu de manière provocatrice, son objectif n’est jamais blasphématoire. Lorsque nous mettons en scène des figures issues des livres sacrés, c’est en hommage à leur histoire, à notre culture. Nous avons grandi dans la religion catholique et elle continue d’habiter nos vies. Toute l’iconographie et l’histoire des saints traitées à travers les livres et l’histoire de l’art est d’une richesse qui ne cesse de nous inspirer. Les mettre en scène avec nos outils contemporains dans un décor actuel est aussi une façon de les réhabiliter, de renouer avec une tradition ancestrale qui parle avec des images très fortes. Ce sont des personnages aussi puissants que nos superhéros, Goldorak ou Silver Surfer. Nous sommes de grands optimistes et nous avons des flashs autant pour des personnalités fantasques comme Arielle Dombasle que pour un accordéoniste roumain ou pour Stromae  ! »

Les deux artistes ont réuni une collection d’images de photomaton, photos d’anonymes qu’ils ramassent depuis leur jeunesse, avant même leur rencontre en 1976. Leurs créations parlent de leurs voyages, de leurs amis et… de nos icônes. On comprend d’autant mieux pourquoi l’exposition gravite autour de Pierre et Gilles, même si cela semble parfois un peu décousu tant on navigue d’un monde à l’autre, d’une collection à une autre. Présent et passé s’imbriquent au fil de la visite selon un fil rouge original, tissé par quatre couples de collectionneurs à la sensibilité évidemment différente l’une de l’autre. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

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