Marie Morel – Rencontre en poésie

Marie Morel

Une silhouette gracile reprend son souffle après une longue apnée, et le reflux des invités. Marie Morel a quitté sa solitude pour cette plongée dans la foule et ce passage obligé, le vernissage, et on la sent comme étourdie, sidérée par tant de bruissements, de paroles échappées, envolées. A cette heure tardive, le premier étage de la Halle Saint-Pierre est enfin déserté. L’occasion de prendre un peu de champ devant les œuvres de l’artiste, se laisser enchanter par son talent de coloriste. Les toiles monochromes de Marie Morel, panneaux abstraits, vibrent sous la caresse du regard, comme traversées par un courant souterrain. Il faut s’approcher pour déchiffrer ces poignantes odyssées de l’intime. En musicienne accomplie, Marie Morel égrène la mélodie d’une méditation au diapason d’une couleur. Sur la toile s’ouvre une multitude de fenêtres qui, chacune, recèle une confidence. Marie Morel ne nous raconte pas une histoire, mais nous convoque dans un autre temps, baigné de questions essentielles. Chantre de l’amour fou, elle n’oublie pas de traiter de l’obscure force du désir. La mort n’est pas éludée, ni la vieillesse et le corps qui peu à peu lâche prise, ni la solitude… « J’ai compris que si je voulais peindre, il fallait aller puiser au plus profond. * » Comme les pièces d’un puzzle qui s’éclairent une à une, l’artiste nous offre un voyage dans le monde intense et délicat de son âme. La peinture poésie de Marie Morel vous capte le cœur sans avoir l’air d’y toucher.

* Extrait de Marie Morel, peintre, entretien avec Charles Juliet, édité par YMNA.

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