Sylvie Vandenhoucke – Les clartés mutines

Sylvie Vandenhoucke, photo Philippe Robin courtesy musée-atelier du verre de Sars-Poteries.

«  Je suis sensible à un espace et cela produit quelque chose.  » Le fruit de chacune de ses rencontres avec un lieu qui l’a séduite, envoûtée, mûrit chez Sylvie Vandenhoucke lors d’un profond et lent cheminement introspectif, rythmé par un long et minutieux travail. L’artiste belge – qui préfère d’ailleurs évoquer davantage une intervention qu’une installation – livre ainsi des œuvres qui s’accordent avec respect et tout en délicatesse à un environnement auquel elles semblaient prédestinées, taillées sur mesure pour mieux le «  révéler  », le «  réveiller  » et former avec lui un nouvel espace en habit de lumière, un lieu en parfaite harmonie. La dimension de l’œuvre, souvent imposante, contraste avec les milliers de pièces en pâte de verre fine, parfois pas plus larges que son pouce, qui les composent et les habillent. Car toutes sont intimement liées, comme cousues les unes aux autres ou sur l’armature de l’œuvre en devenir, illustrant avec simplicité toute l’inclination et la tendresse que la jeune femme porte à l’art ancien de la tapisserie. De longues heures sont ainsi dédiées à cet art qui conjugue patience et précision, mais donne en retour de grands moments d’apaisement, de sérénité  ; et aussi lui offre un temps singulier qui prend toute sa valeur lorsqu’il en vient à être oublié et, la libérant alors des contraintes extérieures, lui permet de renouer au plus intime d’elle-même. La pâte de verre qu’elle façonne avec autant de subtilité que de méticulosité, Sylvie Vandenhoucke a mis plusieurs années à l’apprivoiser, à en maîtriser la technique. «  Je suis dans une phase où je n’ai plus besoin de faire mes preuves sur le plan technique, ce qui offre une liberté absolue pour travailler comme je le sens  », expliquait-elle il y a quelques mois, lors de son arrivée en résidence au musée atelier du verre de Sars Poteries, dans l’Avesnois. Un espace inédit, une nouvelle architecture, dont l’appréhension et puis les liens de complicité vite instaurés ont constitué la source d’inspiration de ses derniers travaux. La perception du public se joue d’abord à partir des liens imprévisibles et féeriques que la lumière entretient avec la matière, puis sur les infimes variations de la luminosité selon l’angle ou la perspective où l’on se trouve. Une perception qui déroute l’œil et métamorphose l’ensemble dans un perpétuel jeu de cache-cache entre le visible et l’invisible, véritable voile de lumière toujours recommencé. Harmonie, douceur et lignes épurées révèlent d’une œuvre à l’autre un travail délicat et d’une extrême sensibilité, capable de matérialiser le fil, simple ou complexe, d’une pensée.

Sylvie Vandenhoucke, photo Philippe Robin courtesy musée-atelier du verre de Sars-Poteries.
Outline, Sylvie Vandenhoucke, 2010

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