A Strasbourg – L’envolée kazakhe

Almagul Menlibayeva, courtesy American-Eurasian Art Advisors LLC

Après Istanbul, Bucarest, Budapest, Gdansk et Réthymnon (en Grèce), c’est au tour de la capitale kazakhe Almaty d’être mise à l’honneur à Strasbourg, dans le cadre du projet «  e.cité  ». Initié en 2008 et porté par l’association Apollonia – plateforme européenne de coopération dans le domaine des arts plastiques –, celui-ci consiste à accueillir tous les ans une ville d’Europe, ou d’un territoire voisin, pour dévoiler au public le dynamisme et la singularité de sa scène artistique. «  La culture kazakhe est avant tout une culture plurielle, fruit d’une histoire millénaire marquée par le nomadisme et la tradition orale et d’une histoire plus récente, celle des XXe et XXIe siècles, où les régimes politiques ont apporté leur lot de catastrophes et de reconstructions frénétiques, analysent les commissaires de l’exposition Dimitri Konstantinidis, Daria Evdokimova – respectivement directeur et chargée de projets d’Apollonia – et Estelle Pietrzyk, directrice du Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg. L’influence des pays frontaliers (les anciennes républiques soviétiques que sont l’Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Turkménistan) de même que la marque des régimes politiques voisins (la Russie, la Chine) se lisent dans ce territoire où se côtoient plusieurs langues, plusieurs cultes, plusieurs traditions. De ce substrat mêlant héritage soviétique et chamanisme, culture nomade et croissance économique accélérée, naît un art à la beauté convulsive où bien souvent la frontière entre proposition artistique et analyse critique n’a plus lieu d’être.  » Installation, performance, photographie, sculpture, vidéo, les œuvres de dix-sept artistes et duos* – certains sont déjà connus à l’échelle internationale, d’autres n’ont jamais été montrés hors de leur pays – sont ici pour la première fois présentées en France. Quelle que soit leur pratique et les champs plastiques investis, tous partagent une même volonté de questionner l’Histoire et la culture populaire de leur pays – les notions de mémoire et d’identité étant souvent essentielles –, tout en observant avec acuité la place occupée par celui-ci en Asie centrale et, plus largement, son évolution dans le monde contemporain. Gengis Khan, Lénine, tissus et objets traditionnels, paysages – mythiques – de steppes sont quelques-uns des figures et éléments récurrents de leurs travaux qui témoignent de la réjouissante vitalité d’une scène qui n’a pas fini de nous surprendre.* Avec Saïd Atabekov, Smaïl Bayaliyev, Syrlybek Bekbotaev, Bakhyt Bubikanova, Zoya Falkova, Galim Madanov et Zauresh Terekbay, Yerbossyn Meldibekov, Almagul Menlibayeva, Ekaterina Nikonorova, Arystanbek Shalbayev, Oksana Shatalova, Georgy Tryakhin-Bukharov, Alexander Ugay, Elena Vorobyeva et Viktor Vorobyev et Zitta Sultanbaeva et Ablikim Akmullaev (ZITBAL).
Syrlybek Bekbotayev
Musique dans la Steppe, vidéo (6’45”), Syrlybek Bekbotayev, 2014
Galim Madanov et Zauresh Terekbay
Transgression, impression et acrylique@sur canevas et carton, Galim Madanov et Zauresh Terekbay, 2011-2014
Saïd Atabekov
Loup de Steppe # 13, tirage numérique sur toile, Saïd Atabekov, 2011
Elena Vorobyeva et Victor Vorobyev
Bazar 2.0, bois, lettrage, tirages numériques, objets, Elena Vorobyeva et Victor Vorobyev, 2014
ZITABL
Les Propagandistes, tirage numérique, ZITABL@(Zitta Sultanbaeva & Ablikim Akmullaev), 2008
Smaïl Bayaliev
Simurg Bird, vidéo (2’), Smaïl Bayaliev, 2007

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