Kristian Desailly à Avignon et à Lyon – Proche de l’extase

Il est encore adolescent quand un certain Paul Klee va décider de son destin. Comme en hommage à ce dernier, son œuvre, colorée et sensible, ponctuée de signes et de pictogrammes, s’affirme dans une recherche à la fois onirique et poétique. Kristian Desailly expose cet été sur les cimaises des galeries Parcours de l’art, à Avignon, et Art Way, à Lyon. A cette occasion, nous mettons en ligne son portrait écrit pour Cimaise (288).

Kristian Desailly est tombé dans l’art comme d’autres n’ont su éviter la célèbre marmite de potion magique. Enfant, alors qu’il use déjà ses semelles dans les vernissages et les expositions sous l’œil attentif de sa mère, artiste photographe, à la maison, il développe son goût pour le dessin. Mais un choc l’attend. A quinze ans, il découvre les toiles de Paul Klee. C’est une véritable révélation ! Elles le laissent bouleversé. « Ce jour-là, j’ai su que je serai peintre. » Au fil de ses études à l’École nationale supérieure des beaux-arts, puis à l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, il devient l’assistant de Victor Vasarely, maître s’il en est de l’abstraction géométrique. Pour autant, Kristian Desailly se reconnaît dans les valeurs de l’éphémère mouvement Cobra, qui rejette tout dogmatisme et toute influence théorique, et développe une volonté farouche de renouer avec l’inconscient collectif, de faire ressurgir une culture originelle enfouie, authentique et spontanée, celle des arts primitifs et populaires. Et c’est avec une étincelle au fond des yeux que le peintre évoque ceux dont il se considère l’héritier : Asger Jorn, Karel Appel, Pierre Alechinsky, Jean Miotte mais aussi Lind Ström, Jacques Doucet et Joan Miró.

Son intérêt pour l’art des malades mentaux, des primitifs et des enfants transparaît également dans ses compositions. « J’aborde mes grands formats de façon un peu sauvage et instinctive, c’est pour moi un état d’être nécessaire à toute création. Face à la toile, il s’agit de traduire une émotion intérieure proche de l’extase. » La toile est à la fois réceptacle et catalyseur de matières et de lumière, elle participe à l’œuvre dans toute sa plasticité. L’intensité et la profondeur des couleurs se dévoilent dans la transparence des lavis que l’artiste vient poser au rythme d’une danse mystique dont il a le secret. Les formes sont imprécises, des lignes de force réalisées au fusain apportent une vibration à la fois sensible et dynamique, l’ensemble est ponctué de pictogrammes et de signes dont le sens se propose aussi bien au déchiffrement qu’il s’y dérobe. A travers une vision onirique et poétique, l’œuvre de Kristian Desailly offre un univers fantastique où la vie s’affirme à l’état brut, où l’artiste, comme l’énonçait Paul Klee, vise « à pénétrer l’intérieur et non à refléter la surface ».

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