Ventes de printemps à New York – Le Flag de Jasper Johns dans les étoiles

Jasper Johns courtesy Christie's

Adjugé près de deux fois plus que son estimation haute, le Flag de Jasper Johns est parti à plus de 28 millions d’euros lors de la vente organisée le 11 mai à New York par Christie’s. C’est le deuxième montant le plus élevé payé pour l’œuvre d’un artiste vivant.

Pour ces ventes de printemps, Christie’s comme Sotheby’s ont réalisé des ventes deux fois supérieures à celles de l’an passé. Même si les niveaux de 2008 sont encore loin. 140 signes, c’est la longueur maximale autorisée pour les messages publiés sur Twitter. C’est court mais efficace. Un « twitt » aura suffit à témoigner de la teneur des ventes de printemps new-yorkaises. « Jasper Johns makes a New World Auction Record for the Artist with « Flag » from the Collection of Michael Crichton at Christie’s : $28,642,000 » (Nouveau record mondial pour l’artiste Jasper Johns grâce à la vente de son Flag issu de la collection de Michael Crichton : 28 642 000 dollars). Ce message posté par Christie’s sur son fil Twitter pendant la vente qui s’est tenue le 11 mai a passé le mot à toute la communauté : les prix repartent sérieusement à la hausse. La performance est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’un artiste vivant. Ce record se classe d’ailleurs en deuxième position, juste derrière celui établi par Lucian Freud et son Benefits Supervisor Sleeping (1995) à 33,5 millions de dollars, également adjugé par Christie’s en mai 2008, quelques mois avant la crise mondiale. Chaque année, les ventes de printemps de New York, au même titre que celles d’automne en novembre, sont très attendues. Ce sont elles qui donnent le « la ». Selon que tel marchand est absent ou que l’œuvre de tel artiste est remisée, tous les acteurs en aval de la chaîne – galeristes, collectionneurs, investisseurs institutionnels… – en tirent des conclusions pour orienter leurs achats. L’exemple de la dispersion de 31 pièces de la collection de Michael Crichton devrait donc en rassurer plus d’un. La totalité des lots a été vendue et les estimations, pourtant jugées ambitieuses par certains au regard de la conjoncture, ont été dépassées. C’est devant une salle comble que s’est arraché ce Flag – une œuvre d’encaustique et de collage sur toile représentant le drapeau américain – pour près de deux fois le montant de son estimation haute. Et à côté de ce score très médiatique, d’autres pépites ont atteint des prix élevés.

Ed Ruscha courtesy Christie's
Voltage, Ed Ruscha, 1964
Parmi les artistes vivants, nous retiendrons : Ed Ruscha et son Voltage (1964), adjugé à 1 650 500 million de dollars ainsi que Mark Tansey qui a battu son record avec la vente de Push/Pull (2003) à 3 218 500 dollars alors que la pièce avait été estimée aux alentours de 1,2 million au maximum. « La qualité de cette vente démontre combien la psychologie du marché a évolué depuis l’an passé. Il est maintenant évident que les plus grands collectionneurs mondiaux ont confiance dans ce marché qui, encore une fois, a réalisé des records de prix », se félicite Robert Manley, responsable de la vente pour Christie’s New York. Au total, cette dernière aura vendu pour plus de 292 millions de dollars. Si l’on exclut les 93 millions récoltés grâce à la collection Crichton, cela représente encore plus de deux fois la performance de l’an dernier à la même époque. En revanche, le niveau d’avant la crise n’a pas encore été retrouvé. Sa concurrente Sotheby’s n’est pas en reste avec des ventes de plus de 243 millions de dollars au total, soit une progression de 222 % par rapport à 2009 mais encore loin en retrait par rapport à 2008 (environ 469 millions de dollars). « C’est intéressant de voir qu’il y a eu beaucoup de mouvements en faveur des classiques – Pollock, de Kooning, Mitchell – mais qu’il y a eu aussi beaucoup d’activité et de grands résultats pour des artistes plus jeunes comme Cattelan et Wool », souligne Alex Rotter, le chef du département Art Contemporain de la maison américaine à New York. En effet, huit acheteurs se sont battus pour mettre la main sur le Voleur de Maurizio Cattelan. Sa sculpture représentant un homme s’introduisant dans un musée par le biais d’un tunnel fraîchement creusé s’est envolée à 7 922 500 millions de dollars alors qu’elle avait été estimée à 4 millions au plus haut. Ainsi, après ces trois jours de ventes (11 et 12 chez Christie’s, 12 et 13 pour Sotheby’s), la tendance est donnée. Les belles pièces peuvent retrouver le chemin des salles de vente sans risquer d’être bradées.

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