Eun-Jung Lee – Funambules en rupture de fil

Eun-Jung Lee courtesy galerie Crous Beaux-arts

Le décor est minimaliste, voire inexistant. Sans doute troublerait-il davantage qu’il ne soutiendrait les personnages d’Eun-Jung Lee dans leurs prouesses d’équilibristes, leurs parties de billes ou autres échanges plus étranges. De la pointe du crayon ou du fusain, parfois accompagnés de pastels, l’artiste vient coucher avec douceur et légèreté sur le papier le fruit de ses rêveries, de son imagination mais aussi de réminiscences empruntées à sa tendre jeunesse. «  Dans mon enfance, j’ai passé des heures à jouer à la balançoire dans un parc appelé Lapin, raconte la jeune femme. Ce souvenir m’a amenée à travailler sur la notion d’équilibre et de déséquilibre à partir de cette question  : peut-on trouver l’équilibre parfait en étant sur une balançoire  ? Renversés, à l’envers ou à l’endroit, nous ne sommes toujours qu’en déséquilibre » En témoignent joyeusement dans son Personnage décliné, une écolière en uniforme et ses clones qui défient les lois de l’apesanteur et s’amusent à grimper sur les épaules les uns des autres jusqu’à atteindre des cimes improbables. Dans d’autres dessins, l’humain et des situations empruntées au quotidien côtoient l’irréel et le fantastique, font bon ménage avec ses souvenirs sublimés, le tout évoluant «  dans l’espace en mouvement  » et paraissant «  insaisissable  ».

Si elle s’inspire parfois de photos ou d’images puisées dans des magazines, l’artiste précise dessiner «  principalement à partir de mes souvenirs, de notes prises ou directement de ce que je vois  ». «  Je me nourris de mon imaginaire, poursuit-elle. La réalité n’a plus de place dans cet espace transformé, fictif, mis en scène selon l’idée que je me fais d’un équilibre dans le déséquilibre.  »

Née en Corée du Sud il y a 28 ans, Eun-Jung Lee a d’abord étudié les Beaux-Arts à Séoul avant de rejoindre Paris, en 2007, pour y poursuivre sa formation artistique. La jeune femme vit et travaille aujourd’hui dans la capitale française où elle prépare un master à Paris-VIII. C’est sa deuxième exposition.

Eun-Jung Lee courtesy galerie Crous Beaux-arts
V, techniques mixtes, (67 x 100 cm), Eun-Jung Lee, 2009

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