Christophe Avella-Bagur – Tel un frère

Ironie macabre de ces corps éclatés, de ces visages fragmentés, images de l’homme – ou de la femme – brouillés  ; ce qui est visible n’est qu’un trompe-l’œil, Christophe Avella-Bagur dissimule ce que l’on feint d’ignorer, notre part d’ombre, ou ce que l’on ne sait plus voir. Ici, la glorieuse et classique représentation des corps s’effondre, fond sous la lumière crue qui brûle la toile d’une blancheur aveuglante. L’inéluctable métamorphose est en marche, la déliquescence d’un monde perce l’enveloppe des choses, notre vaine armure. Si des extraterrestres se sont infiltrés, s’ils corrompent nos âmes et nos chairs insidieusement, peut-être ne faut-il en jurer que par nous  ; notre distraction, aussi pascalienne soit-elle, nous perdrait-elle  ? Aurions-nous effacé toute semblance avec nous-mêmes et ne serions-nous plus qu’un jeu d’apparences, perdus entre le réel et le virtuel  ? Du masque et du visage, où retrouver quelque intégrité  ? Androïdes glacés, éros dépouillé de son mystère, individu gommé de toute personnalité, livré en pâture aux adeptes du clonage tous azimuts, voici l’image mélancolique, sans doute, de ce XXIsiècle si peu et si obsessionnellement religieux, image d’un monde mutilé, certes, mais dans lequel le peintre peu enclin aux concessions en affirme sans ambages une lecture exigeante… comme celle de sa peinture.
C. Avella-Bagur courtesy galerie Jean-Luc & Takado Richard
Face FS73, Where I go with my Pastor, (279 x 210 cm)., Christophe Avella-Bagur, 2009

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