Digitalarti – L’art numérique sans frontières

Les arts numériques ont cessé de faire bande à part ; dorénavant ils partageront leurs secrets avec le plus grand nombre. Trois professionnels d’horizons complémentaires ont réuni leur énergie et leur passion pour fonder Digitalarti.com, une nouvelle plate-forme Web et Digital Art Promotion, un fonds d’investissement, destinés tous deux à promouvoir l’art digital, « domaine qui n’est pas encore reconnu à sa juste mesure par le monde de l’art, de la culture, et par les institutions », note Anne-Cécile Worms.

Editrice et journaliste, la jeune femme n’en est pas à son coup d’essai en matière de nouveaux médias. Il y a six ans, elle créait le magazine MCD (Musiques & Cultures Digitales), pionnier français en matière d’art numérique et de musique électronique. Fondatrice de plusieurs sociétés de contenus numériques, elle est également l’auteur d’Arts Numériques – Tendances, Artistes, Lieux et Festivals. Dans cet ouvrage, publié à l’automne 2008 par les Editions M21, elle dresse un état des lieux dans l’Hexagone. La collaboration entamée pour l’occasion avec l’initiateur et directeur de la maison d’édition, Malo Girod de l’Ain, lui aussi créateur de plusieurs entreprises de technologies et de contenus multimédia, n’en est qu’à ses prémices, mais « l’idée de bâtir une communauté internationale en ligne » a d’ores et déjà mûri. Bientôt, le duo est rejoint par une troisième tête pensante, Jérôme Chailloux, directeur général du Consortium de recherche européen en informatique et mathématiques (Ercim).

Disponible en ligne dans sa version Bêta depuis le mois de mai dernier, digitalarti.com a officiellement été lancé le 11 octobre à Beijing, puis le 23 octobre à Paris, dans le cadre de la Fiac. Inédit tant sur le fond que sur la forme, le site est, évidemment, destiné aux artistes – qui peuvent gratuitement y présenter leurs œuvres, textes et vidéos –, mais il s’adresse également aux galeries, festivals et institutions, tout comme aux mécènes et amateurs d’art, avertis ou néophytes.
Editée en français et en anglais, la plate-forme ne s’embarrasse pas de frontières et compte bien devenir le premier réseau social, d’envergure internationale, spécialisé dans l’art numérique. Quelque 350 festivals, organisés dans le monde entier, y sont déjà répertoriés.
Le fonds d’investissement Digital Art Promotion, créé en parallèle, ambitionne pour sa part d’édifier la « première collection mondiale regroupant des œuvres d’art numérique de référence et des créations contemporaines ». Celles-ci seront proposées à l’acquisition sur proposition d’un jury international (*) tout spécialement constitué à cet effet. « Les œuvres, à la différence d’une galerie, seront conservées et promues sur le long terme », explique Malo Girod de l’Ain dans la dernière édition de MCD. Une partie de l’argent récolté servira donc à promouvoir les artistes et travaux acquis, par le biais de la réalisation de « books » et de vidéos de présentation, d’une mise en avant auprès de la presse, sur le site, et plus globalement sur la Toile, sans compter une active politique de participation aux festivals internationaux. Il est possible d’investir à partir de 1 000 €, une somme qui sera restituée, avec intérêts, à l’issue d’une période de huit ans et après la vente complète de la collection à une institution privée ou publique. Les plus joueurs pourront alors investir dans un autre fonds qui prendra le relais du premier et constituera une nouvelle collection sur huit années. Et ainsi de suite.

Miguel Chevalier courtesy galerie Suzanne Tarasiève
Fractal Flowers (exposition « Inside, art and science », Lisbonne, Portugal), logiciel Cyrille Henry, Miguel Chevalier, 2009

Enfin, le projet s’appuie sur la publication d’un magazine édité en anglais,
Digitalarti Mag, qui n’est pour le moment distribué dans sa version papier, et
sur demande, qu’aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, mais est
consultable et téléchargeable depuis le site. La revue fera le point, à un
rythme trimestriel, sur l’actualité des artistes, de la recherche et de
l’innovation, tout en suivant les festivals et leur programmation.Au-delà de
la mise en valeur et de la promotion des œuvres d’art numériques, Digitalarti
entend favoriser le dialogue entre les artistes et les chercheurs, les
entreprises et les centres technologiques. « Nous sommes convaincus, et nous
le vérifions tous les jours, que les artistes numériques sont au cœur de
l’innovation,
commente Anne-Cécile Worms, ils imaginent, jouent, créent,
inventent… avec les nouveaux usages, les nouveaux produits, les nouveaux
services numériques qui nous entourent. Ils ont aussi un esprit critique
vis-à-vis de ces nouvelles technologies. Leur rôle et leurs apports à la
recherche sont importants et nous avons pour objectif de faciliter, à notre
mesure, des rapprochements entre ces mondes qui ont tendance à s’ignorer. »

Un programme ambitieux et passionnant qui fait voler en éclats certaines
barrières devenues obsolètes.

Jean-Jacques Birgé
Nabaz’mob, avec A Schmitt, Jean-Jacques Birgé, 2007

(*) Le comité est à ce jour constitué de Dooeun Choi (directrice artistique du
centre d’art Nabi à Séoul, en Corée du Sud), Kathleen Forde (curatrice à
l’Empac, Experimental Media & Performing Arts center à New York, aux
Etats-Unis), Philippe Franck (directeur du festival Transnumériques à Mons, en
Belgique), Alain Thibault (directeur du festival Elektra à Montréal, au Canada),
Nils Aziosmanoff (président d’Art 3000 et du Cube à Issy-les-Moulineaux, en
France), Dominique Roland (directeur du centre des arts et du festival Les Bains
Numériques à Enghien-les-Bains, en France) et de Jean-Luc Soret (directeur
artistique de La Mep et d’@rt-Outsiders à Paris).

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