Julien Sinzogan à Bruxelles – Sous les voiles vaudoues

Installée à Bruxelles, la H18 Gallery accueille, jusqu’au 31 octobre, la première exposition personnelle en Belgique de Julien Sinzogan. Installé depuis trois décennies à Paris, l’artiste d’origine béninoise a développé une pratique – mêlant dessin, peinture et sculpture – influencée tant par la culture occidentale que par ses origines africaines.

Julien Sinzogan
Œuvre sur papier signée Julien Sinzogan

« Nous avons besoin d’une place sur terre, en Amérique, en Angleterre, en France, en Espagne, au Portugal ou en Afrique, où l’on peut rencontrer l’Histoire, installer la mémoire, et où on peut parler aux esprits des esclaves et prier pour eux, parce qu’il y a trois manières de mourir : perdre la mémoire, fausser la mémoire ou mourir réellement. Nous avons besoin d’une telle place, nous avons besoin de cette voie de retour. » Ainsi parle Julien Sinzogan, artiste béninois qui vit depuis 30 ans à Paris. Dans ses larges œuvres sur papier au style riche, sensuel et baroque, à l’encre, au feutre et à l’acrylique, avec une palette vibrante, Sinzogan convie les esprits vaudous. Il veut dire et redire l’histoire violente de l’esclavage, à laquelle le vaudou est intimement lié. Il veut faire œuvre de mémoire sur papier. « Lorsque nous avons, nous, Africains, été embarqués comme esclaves sur les caravelles vers l’Amérique et le Brésil, nous avons apporté avec nous le vaudou », explique t-il encore. Sur les voiles des immenses caravelles qu’il peint se retrouvent les symboles, les images, les éléments constitutifs de cette pratique religieuse. Le vaudou désigne l’ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l’affirmation d’un monde surnaturel, mais aussi l’ensemble des procédures permettant d’entrer en relation avec celui-ci. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

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