Rosenblum Collection & Friends – Les collectionneurs vont avoir leur « Facebook »

Rosenblum Collection & Friend

Chiara et Steve Rosenblum ouvrent prochainement un espace d’exposition de 1300 m2 à Paris et fondent une communauté sur la Toile. Tombés dans la marmite de l’art contemporain en 2006 et fortement marqués par le 11-Septembre, les œuvres qu’ils affectionnent ont toutes un rapport avec l’Histoire.

Pour vivre heureux, vivons cachés  ? La maxime d’Epicure s’applique de moins en moins au monde de l’art contemporain. Dernière initiative en date et sûrement une des plus innovantes  : la Rosenblum Collection & Friends. Steve et Chiara Rosenblum ouvrent le 21 octobre un espace d’exposition de 1300 m2 dans le 13e arrondissement de Paris accompagné, sur la Toile, d’une communauté dédiée à l’art contemporain. L’idée peut paraître décalée mais Steve Rosenblum n’est pas un débutant en matière d’Internet. Sa société, Pixmania, s’est imposée en quelques années comme le leader européen du e-commerce.  «  Sur les réseaux communautaires, un ami n’est pas forcément une personne que vous connaissez depuis votre enfance, c’est une connaissance avec laquelle vous partagez des intérêts communs  », explique Chiara Rosenblum. Le couple de trentenaires s’est donc lancé comme pari de créer le Facebook de l’art contemporain. Cette communauté n’est que la partie numérique du projet qui vise à créer des échanges autour des œuvres et des artistes. Le lieu, un ancien labo photo qui a nécessité d’énormes travaux comme en témoigne un diaporama mis en ligne sur Flickr, sera ouvert au public une à trois fois par semaine. Uniquement sur inscription, afin de constituer de petits groupes de 15 à 20 personnes. «  Sinon les gens n’osent plus poser de questions  », souligne Chiara Rosenblum. Le parcours de la visite a été imaginé aux antipodes de l’univers souvent peu convivial des musées. Ici, les espaces ont été conçus pour rappeler la maison  : une bibliothèque est destinée à accueillir les livres ou les CD qui ont inspiré les artistes pendant leur travail et 250 m2 sont consacrés aux enfants.

Rosenblum Collection & Friend
Chiara et Steve Rosenblum

Toujours dans la logique des «  friends  », les époux Rosenblum ont souhaité ouvrir leur espace à d’autres collectionneurs privés. «  Nous ne collectionnons des œuvres d’art contemporain que depuis 2006, lorsque nous avons eu une révélation en découvrant l’installation de Christoph Büchel à la FIAC. Très vite, nous avons été confrontés au problème de place. Où exposer les pièces monumentales ? D’autres rencontrent ce même problème. Nous avons donc décidé de partager avec eux notre espace  », poursuit Chiara Rosenblum.

La première exposition baptisée Born in Dystopia porte sur la période de 1945 à nos jours. «  Si l’utopie désigne ce qui n’est nulle part, la dystopie désigne ce qui n’est plus à sa place. La première est un cri d’espérance. La seconde un hurlement de désespoir. L’échec des grandes idéologies, la montée du fascisme en Europe de l’Ouest et la Seconde Guerre mondiale sont les principales causes de la dégénérescence des utopies. C’est ce voyage à travers ces dystopies qui a profondément marqué nos esprits et constitué le ressort de la collection. Le 11 septembre 2001 a été un déclencheur nous confrontant aux limites d’un monde qui ne sera plus jamais le même. Toutes les œuvres que nous collectionnons relèvent du regard que portent les artistes sur le fil de l’Histoire  » expliquent Steve et Chiara Rosenblum.  

L’exposition dévoilera les œuvres de vingt artistes internationaux (parmi lesquels Christian Boltanski, Kelley Walker, Barbara Kruger, Christoph Büchel, Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh) et permettra également de découvrir deux pièces monumentales de Matthew Day Jackson et de Loris Gréaud commandées pour l’occasion.

Rosenblum Collection & Friend courtesy Robert Goff Gallery, New York
Sans-titre, Ahmed Alsoudani, 2009

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