Dominique Albertelli – Pour éviter la confusion des mots

Dominique Albertelli courtesy galerie 1161

Ses personnages emplissent la toile de leur présence puissante, énigmatique, et pourtant ils exhalent une forme d’indifférence paisible, à nous, à l’autre, à eux-mêmes peut-être… Les cheveux ondoyant au gré d’un insaisissable souffle, le visage levé vers un ailleurs invisible et les yeux, sinon clos, perdus dans le vague ou cherchant notre regard, ils semblent plongés dans un songe, s’abîmer au plus profond de quelque pensée, sombre ou heureuse, à chacun de décider. Joies et drames humains sont ici les acteurs d’un ballet poétique singulier, baigné de couleurs vives et d’une subtile symbolique. «  Dans presque tous mes tableauxil y a des formes abstraites, comme organiques, qui se promènent dans l’air, explique Dominique Albertelli. Elles symbolisent ce que tous nous dégageons d’unique, de l’ordre de l’invisible mais qui touche les autres. Ces formes, et parfois une certaine déformation des visages, sont aussi une sorte de représentation de nos moments de folie légère et passagère.  »

Les hommes et les femmes mis en scène par l’artiste souvent se ressemblent mais ne sont «  ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait différents  ». «  Nous sommes plusieurs personnes dans le même corps, précise-t-elle, chacune d’elles s’ajustant aux autres et aux situations. Parfois avec aisance, parfois avec une certaine souffrance. J’essaie de peindre cette altérité et cette adaptation permanente.  » La dualité, sublimée en d’autres temps par la poésie de Baudelaire ou d’Eluard, est un thème cher à l’artiste parisienne qui le développe et l’approfondit au fil de régulières introspections, mettant au jour des émotions, sentiments et questionnements forcément particuliers et étonnamment familiers.

La peinture et la toile forment son langage de prédilection, car elles «  seules peuvent parler de la solitude et de l’amour, de la vie et de la mort, de la poésie et du silence tremblant de l’air  ». Mais Dominique Albertelli travaille également le dessin et la gravure, sur de plus petits formats. Encre, aquarelle, fusain et pastels accompagnent son geste virtuose et troublant, révélateur tendre ou impitoyable de l’intimité des figures esquissées. Sans voyeurisme ni complaisance, l’âme est ici dévoilée, mise à nue, et se fait l’écho de l’infinie palette de couleurs, de la plus douce à la plus violente, qui habille l’esprit humain. Elle dit peindre « pour survivre, pour respirer, pour dire le monde, la peur, la joie, les autres, pour éviter la confusion des mots  ». 

Dominique Albertelli courtesy galerie 1161
L’attente, peinture sur toile (130 x 97 cm), Dominique Albertelli

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