Frasq – La performance : nomade sans feu ni lieu

Conçue et organisée par le Générateur, espace d’expérimentation artistique, la première édition de Frasq, Rencontre annuelle de la performance, propose de répondre aux différentes interrogations et réflexions sur les pratiques contemporaines de cette discipline qui échappe à tout lieu ou espace dans lequel on serait tenté de l’enfermer. En perpétuelle évolution, son concept semble venir de la scène musicale, à la fois par le biais de la culture rock mais aussi à travers les recherches menées par John Cage, ce surdoué des arts, pour qui tout était musique, mais récusait la dictature du compositeur comme celle du chef d’orchestre. Malgré la visibilité accrue dont elle bénéficie, cette pratique demeure une forme d’art particulièrement difficile à circonscrire. Performance (du verbe anglais to perform «  interpréter  ») est un mot utilisé dès le début des années 1970 par la critique aux Etats-Unis et qui s’applique à toute manifestation artistique dans laquelle l’acte ou le geste a une valeur en soi. Elle naît à la fin des années 1950 et au début des années 1960 avec les mouvements d’avant-garde ayant participé à l’éclatement des pratiques artistiques  : le futurisme, Dada, le surréalisme, l’action painting, le mouvement Gutaï au japon, le Happening, Fluxus mais aussi plus personnellement avec les artistes comme Vito Acconci, Marcel Duchamp, Kurt Schwitters ou Yves Klein. Selon le concept de Dick Higgins (l’un des inventeurs du Happening et cofondateur du groupe Fluxus), la performance se définit comme un art intermedia, un art frontière.
Elin Lundgren
Expo, Elin Lundgren, 2009
Citons par exemple, côté théâtre Jan Fabre, côté arts plastiques, Gilbert et Georges ou Joseph Beuys, pour la danse Simone Forti ou encore la musique avec Laurie Anderson. Cet art éphémère de la trajectoire ou du procès ne manque ni de théoriciens ni d’observateurs  : «  esthétique de la disparition  » pour reprendre la formule du philosophe et urbaniste français Paul Virilio, «  esthétique du vide  » selon le sociologue et philosophe Jean Baudrillard, la performance répond pour l’artiste Esther Ferrer, du groupe espagnol ZAJ, à un « art de l’espace, de la présence et du temps  ».

Afin de respecter le caractère nomade de cette discipline, Anne Dreyfus (danseuse et chorégraphe) et Bernard Bousquet, codirigeants du Générateur, ont mobilisé cinq autres lieux culturels, espérant ainsi favoriser l’émergence d’un «  réseau sensible  ». Plus de 20 artistes performeurs (plasticiens, musiciens, danseurs) seront à l’honneur dans le cadre d’une étonnante programmation constituée également de conférences, de lectures et d’installations.

GALERIE

Contact
Crédits photos