Patrick Loste – Cavalier solitaire sous des cieux immémoriaux

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Patrick Loste place l’humain et la nature au cœur de son œuvre. Dans ses grands formats exposés à la galerie poitevine qui renouent avec les deux thèmes de prédilection de l’artiste – le paysage et le cavalier –, ses êtres à cheval côtoient une nature indomptée et témoignent de ses mystères. Ils chevauchent dans des immensités montagneuses, des contrées hostiles et tourmentées, où les cieux se confondent avec la roche, virent souvent à la pure abstraction, comme pour en souligner l’atemporalité. En groupe, les cavaliers se fondent en apparitions lointaines et fantomatiques, imperceptibles taches d’encre noire disséminées parmi les ocres et les bruns, les pigments gris bleuté et les masses blanches. Quand l’écuyer représenté est seul, il s’impose en pleine composition, majestueux, essentiel. «  J’organise un espace figuratif en me concentrant sur les représentations des cavaliers, qui sont là pour donner une échelle  », explique l’artiste, lui-même cavalier à ses heures.
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Paysage et cavaliers, Patrick Loste, 2009

Installé dans le massif des Albères, dans les Pyrénées orientales, il vit en solitaire, entouré de chevaux, pour se concentrer sur son travail. «  C’est une solitude volontaire, proche de la nature. J’ai trouvé là mon véritable biotope.  » Sans se comparer pour autant à un ermite – il ne peut se passer de sa voiture  ! –, le peintre cherche toutefois à se protéger des influences extérieures par crainte qu’elles ne dénaturent son travail. De sa relation «  hors du monde  » et privilégiée avec son environnement, il en retire un apaisement certain qu’il cherche à faire partager. «  Je veux donner au monde grouillant une accalmie loin de la frénésie  », précise-t-il, lui qui a toujours été à l’écoute de son bouillonnement intérieur.

Enfant, il ne cessait de peindre et de dessiner, imprégné des œuvres qu’il découvrait au côté de ses parents, en Espagne. «  La grande tradition picturale catalane m’a largement influencé  », explique cet ancien maréchal-ferrant qui a décidé de se consacrer totalement à sa peinture il y a vingt ans. Une quête qu’il qualifie de spirituelle, «  panthéiste  » par la grandeur de sa relation avec la nature qui le dépasse et le possède, où tout est «  rude, dur, mais révélé par une certaine divinité  ». Le peintre y cultive un art de l’humilité qui le place parmi les grands figuratifs, même si son œuvre s’approprie tous les aspects de l’abstraction. Sur le chemin de l’art contemporain, Patrick Loste grave une trace par-delà le temps, une œuvre qui à travers les espaces déployés à l’infini, évoque les ocres et le charbon d’un art pariétal témoin de la majesté des origines.

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Vue de l’exposition, Patrick Loste, 2010

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