Mathias Schmied – La métamorphose de Batman

Si l’art du jeune artiste suisse Mathias Schmied est tout entier consacré au dessin, il relève d’une technique très particulière qui commence toujours par une déconstruction et pour laquelle l’artiste a troqué ses crayons pour un scalpel. Sa collection de Comics et de magazines américains des années 1970 constitue à la fois sa principale source d’inspiration et son matériau premier. Ainsi images et textes sont les éléments avec lesquels il compose. Travaillant tour à tour sur les figures de super héros comme Batman ou Superman et sur les onomatopées qui accompagnent le récit de leurs aventures, l’artiste s’empare de la planche pour la dépouiller par un geste chirurgical de sa dimension narrative. Agissant par soustraction de matière, il évide les bulles de leur texte et les personnages de leur chair, seuls les contours subsistent, laissant entrevoir la présence d’un récit que le spectateur est libre d’imaginer. Découpée, lacérée ou encore scarifiée, l’image, sous le scalpel, s’effiloche, se transforme ou prolifère telle une toile d’araignée, se déploie en panache et n’en finit pas d’interroger. Une autre facette de l’œuvre de Mathias Schmied est présentée à la galerie Olivier Houg. Ce travail, proche à la fois de la calligraphie et du graffiti, joue avec des mots qui s’opposent au sens de la phrase qu’ils composent (I hate the way I love !). Un jeu à la fois ludique et perturbant qui ne laisse jamais le spectateur au repos. Qu’il travaille sur des thèmes appartenant à l’histoire de l’art comme les vanités et la nudité féminine ou sur une imagerie populaire, l’artiste donne à voir une œuvre à la fois violente, sensible et délicate que l’on retrouve aujourd’hui dans la collection du Frac Rhône-Alpes mais aussi dans celles de la Fondation Rothschild et du Moma à New York.
Mathias Schmied
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