Art(s) contemporain(s) & Jeunesse – Les idées cool de février

The Fallen Astronaut

Cette année, les vacances d’hiver s’échelonnent tout au long du mois de février, l’occasion pour nombre d’institutions d’inviter leur jeune public à divers ateliers et temps de rencontre autour d’une exposition ou d’un artiste. De Dunkerque à Digne-les-Bains, en passant par Utah Beach, Chamarande, Sélestat ou encore Sérignan, voici quelques destinations ayant inspiré ce rendez-vous mensuel : moisson d’idées de visites « art contemporain » à destination des enfants et ados ou à partager tout simplement en famille un peu partout en France. Mais également au-delà de nos frontières comme sur Internet.

DU NORD AU SUD…

Les dix ans festifs du LAAC de Dunkerque. L’ambiance est à la fête à la pointe nord de l’Hexagone : alors qu’à l’extérieur, le carnaval bat son plein, le LAAC – Lieu d’Art et Action Contemporaine – célèbre en ses murs son dixième anniversaire par le biais d’une exposition singulière qui met en avant ses valeurs et sa collection. Comme à son habitude, l’institution, résolument ancrée dans son territoire, propose durant les vacances différents temps de rencontre avec son public. Pour les plus jeunes, notons deux ateliers respectivement proposés le mardi 16 février aux 4/6 ans et le jeudi 18 février aux 7/12 ans : « Plan libre, ni un cube, ni une boîte ! » et « Espèces d’espaces » offrent tous deux de réfléchir en s’amusant aux notions de formes et d’espace. Réservation nécessaire au 03 28 29 56 00. S’il fait beau, n’oubliez pas de prévoir une balade dans le jardin de sculptures – une vingtaine d’œuvres aux factures les plus diverses y sont rassemblées –, conçu il y a plus de trente ans par le paysagiste Gilbert Samel et l’artiste Pierre Zvenigorodsky : un régal pour tous les âges !

Mrac Sérignan
Se souvenir des Belles Choses (Forever, Fred Eerdekens), visite d’exposition, 2016.

Intervalles ludiques au Mrac de Sérignan. Le Musée régional d’art contemporain du Languedoc-Roussillon propose tout au long de l’année des moments privilégiés d’échange et de partage entre son jeune public et des artistes. Ils prennent la forme d’ateliers de création, généralement précédés d’un parcours thématique dans les espaces d’exposition. Les deux prochains rendez-vous se tiennent trois jours durant du 24 au 26 février et du 2 au 4 mars, en parallèle à la manifestation du moment : Se souvenir des Belles Choses. Le premier, « Intervalles polymorphes », est animé par la Montpelliéraine Emilie Losch. « Fascinée » par la notion de construction, cette dernière développe des projets hybrides qui se situent « à la frontière de l’art, de l’architecture, des mathématiques et du design ». En mars, Selma Lepart prend le relais avec « Geocatching », atelier qui se fait l’écho d’une démarche se déployant elle aussi selon différents axes complémentaires que sont l’art – l’artiste voue une affection particulière au dessin –, la technologie et la science. A noter que les journées de stage sont divisées en deux temps selon l’âge des participants : les 5/7 ans sont accueillis de 10 h à 12 h et les 8/12 ans de 15 h à 17 h. Informations et réservations au 04 67 32 33 05 et sur http://mrac.languedocroussillon.fr.

…ET D’OUEST EN EST

Lionel Sabatté
Cygne noir de janvier, Lionel Sabatté, 2015.

Un fabuleux bestiaire signé Lionel Sabatté. Il ne reste plus que trois jours pour profiter de la bien belle rencontre organisée par le Musée de Vernon, dans l’Eure, entre sa collection d’œuvres d’artistes animaliers et les pièces de Lionel Sabatté, connu pour son travail pluridisciplinaire autour du monde animal. Le plasticien a pour particularité d’employer toutes sortes de matériaux, parfois des plus insolites, pour sculpter ou peindre : poussière, béton, pièces de monnaie, feuilles de thé – voire rognures d’ongles et peaux mortes ! –, en sont quelques exemples. Licornes, poissons, cygnes et autres volatiles composent un univers étrange, tour à tour inquiétant et merveilleux, familier et fantastique, qui témoignent avec force poésie de la fragilité de l’existence. Intitulée Echafaudages d’une caresse, l’exposition est à découvrir jusqu’au dimanche 14 février.

Joseph Kieffer en maître du jeu. Chaque mois, le Fonds régional d’art contemporain de Sélestat – le Frac Alsace – convie des enfants (7/11 ans), des jeunes (15/18 ans) ou des adultes à prendre part à des échanges singuliers avec des artistes contemporains. Samedi 20 février, de 9 h 30 à 18 h, l’institution accueille Joseph Kieffer pour un atelier proposé aux ados et dans le cadre duquel sera réalisée une œuvre collective en volume. Se définissant comme un « artiste indiscipliné », celui-ci explique être motivé par différents « désirs », parmi lesquels « le plaisir de faire, comme une évidence ». « Ensuite, il y a ces images mentales très nettes, obsessionnelles, qui me pressent le citron : la maison, les mouvements planétaires, les pieds, les véhicules… (…) La vie est pleine de possibles, et à l?échelle que j?ai choisie (petite) on peut tout raconter. Une grande frustration liée à l?interdiction de toucher les œuvres d?art dans les musées m?oblige par ailleurs à chercher dans ce sens : l?art peut-il être abordable ? Mes artéfacts se veulent disponibles, pauvres et sensibles : généreux. »

L’INCONTOURNABLE PARIS…

Art Ludique
Vue de l’exposition L’Art dans le jeu vidéo (Assassin’s Creed Unity).

Invitation au voyage virtuel. Débarquer sur des îles paradisiaques, plonger au cœur d’une végétation tropicale luxuriante, grimper les montagnes embrumées de l’Himalaya ou encore traverser les terres désertiques de l’Ouest américain ; telles sont les quelques entreprises imaginaires proposées par le biais de L’Art dans le Jeu Vidéo, une exposition du Musée L’Art Ludique qui entend rappeler l’importance de médiums tels que le dessin, la peinture et la sculpture lors de la création d’univers virtuels et interactifs. Plus de 800 œuvres et installations sont ainsi réunies jusqu’au 6 mars pour vous emmener dans les coulisses de mondes parallèles, qu’ils constituent des tentatives de reproductions historiques de temps révolus ou qu’ils évoquent un futur fantastique – craint ou souhaité. Pour un avant-goût en vidéo, cliquez ici !

Le Centquatre à l’écoute des tout-petits. La Maison des Petits est un espace hors du commun, dessiné par la designer matali crasset, dédié aux bébés, aux jeunes enfants et à leur famille où sont proposés jeux, dessin et lecture, mais aussi tout un dispositif de médiation relatif aux propositions artistiques du Centquatre. Les Toutes Petites Visites proposent par exemple aux enfants de 1 à 4 ans – accompagnés d’un adulte – de partir à la découverte d’une des œuvres présentées au Centquatre. D’une durée de 45 minutes, la visite est suivie d’un atelier artistique. Une nouvelle exposition ouvre ses portes ce samedi 13 février : Matérialité de l’Invisible, l’archéologie des sens réunit une dizaine d’artistes – parmi lesquels Miranda Creswell, Hicham Berrada et Anish Kapoor – ayant en commun la volonté de rendre visible ce qui ne l’est pas et qui pourtant fait partie intégrante de nos existences. Les sculptures, vidéos et installations exposées sont issues de résidences auprès d’archéologues ou de recherches personnelles des artistes. A noter : la Maison des Petits est accessible gratuitement sans réservation (dans la limite des 30 places disponibles) tous les après-midi, sauf le lundi ; les Toutes Petites Visites se déroulent chaque quatrième jeudi du mois à 15 h 30 (sur réservation). Plus d’infos sur www.104.fr.

…ET SES ENVIRONS

Trois bonnes raisons de se rendre au Cube ! Inaugurées début février, plusieurs expositions valent le détour en famille au centre d’art multimédia d’Issy-les-Moulineaux. Avec Bleu de toi, les amateurs de dessin peuvent ainsi non seulement admirer les planches originales de l’album du même nom, conçu par l’illustrateur et conteur belge Dominique Maes, mais également profiter de l’exposition interactive qu’il a concocté avec les éditions CotCotCot-apps.com : celle-ci révèle, au fil d’un mystérieux labyrinthe, quelques secrets de fabrication liés à l’apport de la musique dans la narration, le codage ou encore les techniques du dessin. Samedi 5 mars, de 15 h à 16 h, Dominique Maes animera l’atelier « Mode d’emploi utopique de création d’histoires », accessible dès l’âge de 6 ans. Parallèlement, est présentée System Failure, une exposition collective alliant dessin et film d’animation qui invite à la réflexion sur notre propension à reproduire les mêmes erreurs, en pointant les défaillances d’un mode de vie que nous avons nous-mêmes mis en place. Enfin, fruit d’une collaboration entre le collectif Bam, le plasticien végétal Duy Anh Nhan Duc, le créateur musical Ee Choon et les équipes du Lab de Wild-Touch, L’Orgue Végétal est une installation qui offre une immersion sonore dans les forêts primaires, dans l’idée de sensibiliser le public au fonctionnement et au rôle du végétal sur notre planète.

Un dimanche à Chamarande. Chaque mois, le Domaine départemental de Chamarande, en Essonne, place un dimanche sous le signe de la famille en invitant petits et grands à venir rencontrer et échanger autour de l’exposition en cours. En l’occurrence Paysages Urbains, qui réunit une quinzaine de photographes et plasticiens, conviés à livrer leurs réflexions sur la ville, l’évolution de ses aménagements au fil des 70 dernières années et leurs conséquences sur notre environnement. Un débat organisé ce dimanche 14 février, à 15 h, permettra d’échanger autour de la notion du territoire avec les commissaires d’exposition Christine Ollier et Julie Sicault-Maillé, ainsi que trois artistes : André Mérian, Stéphane Couturier et George Dupin. Pendant les vacances, un stage de cinq après-midis – du lundi 22 au vendredi 26 février – est par ailleurs proposé aux enfants : intitulé « Chamarande hier, aujourd’hui et demain » et animé par le photographe Antoine Molé, il se propose de retracer l’évolution du paysage de Chamarande et d’imaginer des habitations de demain, dans l’idée de constituer un observatoire photographique des utopies de Chamarande. Inscriptions auprès de chamarande@essonne.fr.

A L’AIR LIBRE

Milène Guermont
Instants (détail), Milène Guermont.

L’hommage aux soldats du D-Day. Revendiquant une double casquette d’ingénieur et d’artiste, Milène Guermont a adopté le béton et ses multiples variétés et applications – elle a déposé plusieurs brevets – comme matériaux premiers d’une démarche singulière et poétique. Installée sur la plage d’Utah Beach, en Normandie, Instants est une œuvre pérenne réalisée en 2014 à l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement. Se dressant sur le lieu précis de la « percée » historique conduite le 6 juin 1944 par les Alliés, elle est constituée de trois modules à la forme inspirée de celle des Polaroid, portant chacun une série d’empreintes de mains de vétérans américains. Inaugurée en juin 2014 avec onze premières empreintes, Instants a été finalisée un an plus tard et porte désormais les images de 24 mains, évoquant les 24 premières heures d’un tournant de notre histoire. Informations auprès du point info tourisme de la mairie de Sainte-Marie-du-Mont et au 02 33 44 10 57.

Sur les traces d’Hannibal au Vernet. Imaginé par Trevor Gould, artiste d’origine sud-africaine installé à Montréal, Le Pavillon d’Hannibal a été inauguré en juillet 2014 au Vernet, petit village niché sur les hauteurs de la vallée du Bès, non loin de Digne-les-Bains dans les Alpes-de-Haute-Provence. Réalisée grâce à une action « Nouveaux commanditaires » de la Fondation de France, dans le cadre de la reconversion du site de Lou Passavous – un ancien village de vacances –, l’installation se compose d’une grande cabane aux parois de verre abritant un éléphant mené par un cornac atypique aux oreilles de Mickey ! S’inspirant de l’histoire de ce haut lieu de passage et des multiples transhumances entre la France et l’Italie, l’œuvre se réfère ainsi tant à la marche que le Carthaginois Hannibal mena sur Rome en 218 avant J.-C. qu’à la traditionnelle migration saisonnière des moutons conduits depuis la côte méditerranéenne jusqu’aux pâturages alpins d’altitude. Considérant la sculpture comme une forme de matériau social, Trevor Gould place les notions d’identité et d’altérité, ainsi que le dialogue qui peut en résulter, au cœur de sa recherche.

CHEZ NOS VOISINS EUROPÉENS

Balade irlandaise avec Grace Weir. Le Musée d’art moderne de Dublin présente actuellement la plus vaste rétrospective jamais consacrée au travail de l’une des figures de l’art contemporain irlandais : Grace Weir. 3 Different Nights, recurring réunit ainsi une trentaine d’œuvres, dont plusieurs vidéos récentes, qui offrent un large aperçu de sa manière d’appréhender le monde, depuis plus de vingt ans, à partir de l’image en mouvement. Tous les dimanches jusqu’à fin mai, le musée propose un atelier gratuit à destination des familles : intitulé « Explorer », il invite à parcourir l’exposition en cours ou un pan de la collection, en compagnie de médiateurs, pour une découverte à la fois ludique et enrichissante d’une poignée d’œuvres. Et parce que les Irlandais sont comme nous en vacances, deux matinées sont de la même manière ouvertes au public familial, pour une visite suivie d’un atelier, ces mercredi 17 et jeudi 18 février à partir de 10 h. Plus de détails sur www.imma.ie.

Fabrice Langlade
Chinoiserie, Fabrice Langlade, 2006-2008.

La vie en bleu et blanc à Genève. Jusqu’au 28 février, le Musée Ariana – musée suisse de la céramique et du verre – propose, à travers l’exposition My Blue China, un éclairage inédit sur le phénomène de la mondialisation à travers l’histoire de la céramique. « S’il fallait donner des couleurs à la mondialisation, son étendard se teinterait de bleu et blanc, à l’instar de celui des Nations unies, estime Laurent de Verneuil, commissaire de l’exposition. Avant de devenir un symbole universel d’harmonie entre les peuples, ces couleurs pourraient bien être à l’origine même de la mondialisation culturelle. » Des premières porcelaines chinoises aux propositions des potiers persans et des faïenciers européens, le goût du décor en bleu de cobalt ne s’est en effet jamais démenti, illustrant l’histoire des échanges culturels. Les treize artistes internationaux ici conviés sont tous imprégnés de cette thématique du bleu et blanc, qu’ils abordent non seulement par le biais de la céramique, mais aussi par celui de la peinture, de la sculpture, de la photographie et de la vidéo. Mercredi 17 et vendredi 19 février, deux ateliers en lien avec cette manifestation sont organisés à destination des enfants de 8 à 12 ans. Renseignements via adp-ariana@ville-ge.ch ou sur www.ariana-geneve.ch.

SUR LA TOILE

Beaubourg en met plein les yeux ! Depuis décembre 2015, le Centre Pompidou diffuse chaque mercredi en libre accès sur son site un épisode d’une nouvelle web-série : intitulée Mon Œil, elle s’adresse aux enfants de cinq ans et plus et est constituée de vidéos et d’animations d’une dizaine de minutes, réalisées à partir d’œuvres de la collection de l’institution autour de thèmes les plus variés. Citons pêle-mêle, le point, la ligne, la forme, la vidéo d’artiste ou encore un sujet sur les chaises et fauteuils emblématiques du design contemporain. Découvrez l’ensemble des épisodes disponibles d’un clic !

Le Frac Aquitaine à la portée de tous. L’institution met à disposition du grand public – plus particulièrement des enseignants et des jeunes – une plateforme originale, L’Archipel, au design ludique – tout y est dessiné – pleine d’informations tant sur les missions qui sont les siennes que sur sa collection, sa programmation et ses acteurs – notamment le régisseur, le médiateur et le commissaire d’exposition. Divers dossiers pédagogiques – dont un « Guide du randonneur d’exposition » ! – sont également téléchargeables.

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