Pierrick Sorin – Père Noël & clones !

Le loufoque, l’absurde et l’ironie sont les fleurets – rarement mouchetés –, qu’il utilise pour provoquer notre monde, et la vidéo son Pré-aux-Clercs de prédilection. Avec force humour et autodérision, Pierrick Sorin pourfend le quotidien, en relève les failles et les travers, et touche au défaut de la cuirasse. Ses brèves scènes filmées sont autant de tendres allusions à Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Jacques Tati, fruits d’une passion pour le cinéma muet qui prend source dans l’enfance sous l’œil complice de Méliès. Et si ses aînés lui ont transmis un goût indéniable pour « la caméra fixe, les gags visuels, les images saccadées et fragiles », pour autant le vidéaste s’inscrit dans une démarche artistique et intellectuelle résolument contemporaine. Car le burlesque et le comique des situations qu’il concocte ne servent que de faire-valoir aux problèmes dits existentiels qui n’épargnent aucun de nous, et qu’il se garde bien de nous faire oublier ! Pour le musée des beaux-arts de Nantes, sa ville natale, l’artiste réinterprète et adapte une installation créée il y a quelques années et constituée de deux « théâtres optiques » – complexe et astucieuse association de bricolage et de technologies de pointe. Deux héros de saison sont en scène : le Père Noël flanqué de l’un ses clones, joué par Pierrick Sorin lui-même, qui a fait de l’autofilmage l’une de ses marques de fabrique. « Le projet n’a pas pour moi la prétention de constituer un événement artistique « majeur », précise-t-il, mais simplement de s’inscrire, avec un brin d’ironie, dans l’actualité des « décorations de Noël », thème dont le caractère généralement pauvre et conventionnel attire assez peu les artistes contemporains et n’est guère attendu dans un musée des beaux-arts. » Ses personnages au bonnet rouge s’affairent, élaborent avec une déroutante application d’étonnantes compositions plastiques projetées sur les murs et le sol. Serait-ce des génies méconnus ? Défenseur d’une forme d’art accessible au plus grand nombre, Pierrick Sorin vient une nouvelle fois égratigner sans vergogne le monde de l’art contemporain, un monde qui, selon lui, se prend parfois trop au sérieux.

GALERIE

slider
Pas d'images trouvées
Contact
Crédits photos