Vanités urbaines – Mourir, mais de mort riante

Cette pluie de novembre qui se plaît à ronger le temps se complairait-elle aussi, jusqu’au seuil du Cabinet d’amateur, à vouloir tisser un linceul gris et maussade et l’étendre sur ces Vanités urbaines qui nous rappellent qu’un jour nous disparaîtrons  ? On ne peut s’y tromper, les artistes exposés dans cette discrète et raffinée galerie de la rue de la Forge-Royale glorifient plus la vie qu’ils ne cherchent à traquer la mort sous ses différents oripeaux. Autodidacte, Fred Calmets a commencé à peindre sur les murs  ; depuis il a trop magnifié la femme et la féminité – fût-ce en dérision des codes contemporains ou des modes – pour s’abandonner aux seules visions morbides de l’existence, même si ses crânes n’affichent pas un sourire béat d’optimisme. Après tout, plutôt qu’évoquer le rictus de la mort ou Savonarole, n’oublions pas le rictus de la vie, souvent plus hideux. Les vanités sont à la mode dans nos sociétés qui refoulent si farouchement la «  grande faucheuse  » de leur quotidien, aussi saluons ici le choix très éclectique des artistes réunis pour cette exposition  ; ils nous donnent leur vision très personnelle de la mort et n’hésitent pas à l’apprivoiser avec le sourire, voire l’ironie  : une manière élégante et courtoise de la saluer. Patrick Jannin, Pascal Margat, Paul Martin, Mr. Lolo, Paella, Pascal Vochelet se sont aventurés sur les chemins troublants de cette insatiable compagne, aimable complice de nos joies comme de nos peines puisque tout passe et qu’elle nous rappelle sans répit le fameux memento mori. Pensée crépusculaire ou vaine méditation, l’idée de la mort reste pour les artistes une façon parmi d’autres d’aborder les rives de cette vie qu’ils n’ont de cesse d’interroger, d’en percer les arcanes, ou de réinventer.
Mr. Lolo, courtesy Le Cabinet d'amateur
Show bizness (Pascal Chevalier), Mr. Lolo, Année

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