Docks Art Fair à Lyon – Le solo show à l’honneur

Partenaire de la Biennale d’art contemporain de Lyon, la Docks Art Fair est inaugurée aujourd’hui quai Rambaud. Pour sa quatrième édition, elle a incité chaque galerie à ne présenter qu’un seul artiste et abandonne son habituelle structure éphémère pour un bâtiment signé par l’architecte Odile Decq. Symbole, s’il en est, de l’inscription pérenne de cette foire dans le paysage lyonnais.

C’est parti  ! La Docks Art Fair vient d’ouvrir ses portes quai Rambaud à Lyon. Créée par des galeristes, cette jeune foire internationale d’art contemporain poursuit son essor. L’an dernier, 8 500 visiteurs se sont pressés dans ses allées à la découverte des artistes présentés par quelque 33 galeries de la région et d’ailleurs. Pour sa quatrième édition, la foire a choisi de reconduire sa formule gagnante tout en lui apportant quelques changements significatifs. Si elle mise de nouveau sur la diversité des participants, cette 4e édition renforce la présence d’établissements implantés dans l’agglomération lyonnaise et aussi celle de tout nouveaux lieux défendant la jeune scène artistique. Assurant tout à la fois aux visiteurs des valeurs sûres tout en leur offrant la possibilité de faire des découvertes. Une évolution qui a incité la foire a délaisser sa politique de stand unique pour proposer des surfaces allant de 13 et 30 m² et, se faisant, de rester fidèle à sa réputation de foire accueillante, prenant en considération la réalité et le bien-être des professionnels de l’art contemporain. Autre nouveauté  : l’abandon de la structure éphémère. Inutile de chercher des yeux la tente habituelle, cette année, les amateurs seront reçus dans le siège social du partenaire historique de la manifestation, le Groupe GL Events. Pour l’occasion, le Pavillon 8, dessiné par l’architecte Odile Decq, s’est paré en façade d’une œuvre de Felice Varini  : signe évident de ralliement pour tous les amateurs d’art actuel.

Le prix Montblanc / Docks Art Fair à Vincent Olinet

La Docks Art Fair et la marque Montblanc se sont une nouvelle fois associées cette année pour décerner un prix commun saluant à la fois le travail d’une galerie et le talent d’un artiste. Après Chiharu Shiota en 2009 et Julien Berthier en 2011, Vincent Olinet est le lauréat de cette édition 2013. Il est représenté par la galerie Laurent Godin, à Paris.

DR
Patricia Houg
Patricia Camet, courtesy galerie Georges Verney-Carron
Portraits/Emoticons@(galerie Georges Verney-Carron), Patricia Camet, 2011
Partenaire de la Biennale de Lyon et située à 200 mètres de la Sucrière, la Docks Art Fair bénéficie de la synergie insufflée par l’événement et d’un environnement dynamique mis en valeur depuis dix ans par Résonance, une initiative qui permet d’associer à la Biennale galeries, musées, associations et artistes des environs. Autant d’acteurs qui, tout au long de l’année, font de Lyon une des régions les plus dynamiques dans le domaine de l’art contemporain en France. «  De 30 lieux en 2003, nous sommes passés en 2013 à plus de 150. Cependant, ce n’est pas le nombre qui compte mais la qualité et la diversité des initiatives et des projets. Rappelons que si la coordination de Résonance et la sélection des manifestations reviennent à la direction artistique de la Biennale, chaque projet (œuvre, installation, performance, exposition…) est conçu et signé par chacun des lieux participant, associations, collectifs d’artistes… et qu’ils en sont les auteurs  », expliquent sur le site Internet de la Biennale Thierry Raspail et Nicolas Garait, à l’origine du projet. Inspirés par ce dernier et avec la ferme volonté de participer à cet élan, les organisateurs de la Docks Art Fair ont eux aussi décidé de mettre en place un parcours conçu en association avec des galeries de l’agglomération lyonnaise. Objectif  : partager la visibilité de la foire avec tous et montrer que le marché de l’art peut également se développer en région.

A l’intérieur de la foire, le principe du solo show a été privilégié. Trente-deux projets singuliers sont à découvrir. A noter la présence d’étudiants de l’Ecole nationale des beaux-arts de Lyon. Pour finir, sachez que le Palais de Tokyo a installé, également quai Rambaud, un lieu d’exposition temporaire dans le nouveau bâtiment d’Euronews, imaginé par le duo d’architectes Jakob + MacFarlane. L’institution parisienne y présente, jusqu’au 5 janvier, des œuvres signées par Oliver Beer, Julian Charrière, Benoît Pype et Jeremy Shaw. Un seul mot d’ordre donc  : «  Tous à Lyon  !  »

Trois questions à Patricia Houg

Co-fondatrice (avec Olivier Houg) et directrice de la Docks Art Fair

ArtsHebdo|Médias. – Qu’est-ce qui vous a donné envie, en tant que galeriste, de vous lancer dans l’organisation d’une foire il y a sept ans ?

Patricia Houg. – Galeristes lyonnais depuis longtemps, inscrits dans notre territoire, nous participions à beaucoup de foires à l’étranger et nous nous étions rendu compte que de nombreuses métropoles, de la même envergure que Lyon, avaient une manifestation de ce type. Or en France, malheureusement, passé le périphérique parisien, il ne se passait pas grand chose et, à l’époque, ça posait vraiment question. On trouvait cela incroyable que Paris ait ce monopole là et qu’il n’y ait rien à Lyon, où on savait qu’il y avait un marché… Tout est parti de là.

Est-il important pour vous de maintenir la manifestation « à taille humaine » ? Pourquoi ?

Il faut faire attention à cette équation qui réunit le galeriste, l’artiste et le collectionneur. Le premier, en tant que client, est chouchouté. Si l’on veut répondre à l’ensemble de ses préoccupations, il est difficile d’augmenter sans discernement le nombre de participants. Bien sûr que dans l’idéal, 100 galeries ce serait bien, mais la qualité d’accueil s’en ressentirait. La Docks Art Fair est bien comme elle est, car lisible : le visiteur peut voir tous les projets sans être saturé. C’est un atout pour les galeristes qui sont là pour faire la promotion de leur métier, de leurs artistes. Pour donner envie.

Le principe du solo show a toujours été privilégié. Qu’apporte-t-il, selon vous, tant au galeriste, qu’à l’artiste ou au public ?

En tant que galeriste, je n’aime pas présenter plusieurs artistes à la fois parce qu’on n’est pas, dans ces moments-là, suffisamment à l’écoute de chacun d’entre eux. Je préfère travailler sur un projet unique, pour pouvoir bien comprendre ce qui se passe dans la tête de l’artiste. En tant que visiteur, je suis en meilleur accord et en meilleure compréhension immédiate lorsque je suis face au projet d’une seule personne. Dès le départ, les fondamentaux de la foire étaient : un module, une galerie, un artiste. Il s’agissait aussi de redonner ses lettres de noblesse à notre métier, de montrer au public qu’on pouvait être abordable et de rappeler notre rôle vis-à-vis des artistes. Docks Art Fair est l’occasion de rencontrer l’artiste et la personne qui a choisi de présenter son œuvre, d’avoir le temps d’une explication si, d’un premier regard, vous vous sentez dans un univers plastique qui vous correspond. Tout est une question d’échange.

Propos recueilis par S. D.

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