Hiro Ando – Drôles de clients !

Monaco, son rocher, son port, ses poissons petits et gros, au large ou au-dedans, ou encore sous la haute protection de l’aquarium du musée Océanographique  ; le casino et les cylindrées de luxe à la parade… Chaque été les touristes fortunés ou fascinés envahissent la petite principauté. On les observe à l’affût de la carrosserie qui étincelle, amoureusement lustrée, et auprès de laquelle ils pourront immortaliser leur rêve en se prêtant à cette fugace illusion, souriant aux anges de la baie comme aux héritiers des Gibelins, mais pas dupes. Cette année, une sympathique alternative s’offre à eux  : dans les allées du Métropole – non pas celles de l’hôtel, mais du Shopping Center –, Hiro Ando a lâché ses chats à tous les étages  ! A l’entrée, l’imposant et rutilant Sumocat Red, pattes repliées et mains sur les genoux, accueille le public. Son sourire énigmatique, flanqué d’une moustache que l’on devine plus qu’on ne la voit, invite à franchir les portes de l’établissement à la poursuite d’autres matous de couleur. La chasse peut commencer. Installées aux endroits stratégiques, les sculptures en résine – tels de précieux bijoux – sont posées sur des socles noirs.

Hiro Ando courtesy Opera Gallery, Monaco, photo MLD
Samouraïcat Silver, Hiro Ando

Né en 1973 dans la province du Shikoku, Hiro Ando est l’un des fondateurs du Studio Crazy Noodles, qui gère la production de plusieurs artistes «  néo-pop made in Japan  », comme Jimmy Yoshimura ou Ryoko Watanabe. Après avoir étudié la peinture à l’huile, l’artiste japonais se lance dans le design et travaille dans plusieurs studios avant de débuter une carrière en solo. Très polyvalent, il s’exprime à travers illustrations, toiles ou sculptures. Ses chats sont directement inspirés par les Maneki-neko, statuettes traditionnelles en céramique ou en porcelaine que les Japonais installent dans les devantures ou près des caisses de leurs magasins. Assis, la patte levée près de l’oreille, ces chats porte-bonheur invitent malicieusement les clients à entrer. Détournés par Hiro Ando, ils revêtent autant de costumes propres à évoquer les figures emblématiques du pays du Soleil-Levant  : sumos, samouraïs ou robots. Mention spéciale au Samouraïcat Silver, gardien de l’impossible dans ce temple du luxe et du commerce.

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