Olga Kisseleva à Digne-les-Bains – La nature décodée

Olga Kisseleva

Si vous empruntez bientôt la route Napoléon, soyez vigilant à la hauteur de Digne-les-Bains, une surprise vous attend  ! Installé à l’aplomb d’une falaise de tuf rose un monumental code QR en bois invite désormais les passants à interagir avec lui par l’intermédiaire de leur smartphone. Commandée par la Réserve naturelle géologique de Haute-Provence, en partenariat avec la Musée Gassendi, Geo Quick Response, installation d’Olga Kisseleva, sera inaugurée le 12 octobre.

Olga Kisseleva
Tag dans le massif du Sancy, Olga Kisseleva, 2011
Parmi les arbres, les chemins et les rivières, l’homme de la ville est venu participer à une chasse au trésor bien singulière. Aujourd’hui, dans la plus grande réserve géologique d’Europe, il ne s’agit plus seulement d’observer des fossiles. L’heure est à la découverte d’un nouveau dispositif : un code QR monumental installé en pleine nature par Olga Kisseleva. Commandé par la Réserve naturelle géologique de Haute-Provence, en partenariat avec le Musée Gassendi de Digne-les-Bains, Geo Quick Response vient compléter le projet de la collection du Musée-Promenade, qui contient déjà Les joueurs de flûte d’Erik Samakh, Hydropithèque de Joan Fontcuberta, La station botanique d’Adiantum Capillus Veneris de Paul-Armand Gette ou encore Eboulement de Jean-Luc Parant. Autant d’œuvres inspirées par cet environnement protégé et créées tout spécialement pour s’y intégrer.

«  C’est seulement la deuxième fois que j’interviens ainsi dans la nature. En 2009, j’ai été invitée à créer un tag dans le massif du Sancy. Avec l’aide de l’agriculteur propriétaire du terrain, nous avons réalisé l’installation avec des morceaux de calcaire trouvés au gré des champs  », explique Olga Kisseleva. Incités à suivre un sentier de randonnée mis en place pour l’occasion, les visiteurs pouvaient admirer la pièce de la montagne située juste en face d’elle et, avec leurs téléphones portables, scanner le QR code pour se voir délivrer un message. A l’époque, l’artiste avait pour habitude d’y cacher le mot-clé de l’œuvre, celui qui révèle son sens profond. Ici  : «  labyrinthe  » évoquait à la fois le dessin de ce code barre nouvelle génération et la symbolique de la figure présente dans certaines églises médiévales. De plus, cette installation venait compléter le projet CrossWorlds débuté en 2007 au musée Guggenheim de Bilbao. Date des premiers semacodes réalisés par l’artiste.Un véritable accès à une base de données

«  Pour le GeoQR, j’ai choisi un endroit visible de la route Napoléon. De là, les passants peuvent découvrir le tag incrusté dans la pierre rose clair d’une falaise, surmontée d’une forêt qui abrite une chapelle en bois. Matériau utilisé pour réaliser l’œuvre  », poursuit Olga Kisseleva. Une fois scanné à l’aide d’un smartphone, le QR code mène à un site internet, créé dans le cadre du projet et consacré aux questions de la sauvegarde du patrimoine géologique. L’internaute y découvre des propositions visuelles de l’artiste, des textes, des liens vers des publications engagées et de la documentation. C’est un véritable accès à une base de données consacrée au patrimoine géologique. L’œuvre parle de notre environnement, de la relation que l’homme entretient avec lui, de l’énergie qu’il met parfois à préserver et à valoriser la nature mais aussi de l’acharnement qu’il peut déployer à la détruire

Créée à l’aide d’éléments naturelsissus du paysage même, GeoQR est en harmonie avec le lieu et exposée comme lui aux intempéries. L’œuvre, issue d’une pratique de Land Art, instaure un dialogue avec son environnement, le complète, le détourne aussi et confronte la lente évolution du paysage et celle galopante du progrès technologique. Pour fêter Geo Quick Response, le musée Gassendi accueille plusieurs pièces de la série CrossWorlds et organise le samedi 13 octobre à 20 h 30une conférence donnée par Olga Kisseleva sur le thème «  Science, art et culture numérique  », durant laquelle elle commentera sa nouvelle installation.

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