Xavier Lucchesi – Les mystères sous X

Xavier Lucchesi

Quand Wilhelm Röntgen découvre les rayons X, voici plus d’un siècle, il reconnaît une équation à une inconnue. La jeune LM galerie à Paris, la résout en exposant Xavier Lucchesi. Le photographe qui a fait ses premiers pas aux côtés de Richard Avedon est un artiste atypique : il ignore l’appareil photographique. Sous une lumière à rayons X, il scanne, radiographie et shoote à la caméra thermique. Photographe plasticien lorsqu’il participe au Groupe de communication Novembre – pour lequel il se trouve en Corée actuellement –, lorsqu’il est seul, Xavier Lucchesi embrasse le statut peu commun de « radio photographe iconoclaste ». Habitué des coursives des musées, des hôpitaux ou encore des douanes, il dose ses rayons pour diffuser à travers la matière l’empreinte des corps. Il a déjà coloré les ardeurs voilées des animaux naturalisés de Buffon, révélé le monde invisible des toiles de maîtres, notamment de Courbet, et pénétré la magie des masques et fétiches d’Océanie et d’Afrique du Quai Branly. En somme, Xavier Lucchesi irradie l’intérieur des objets en quête des mystères de l’inaccessible, du non révélé. En présentant ces premières séries de Radioportraits, il couple le corps humain à ses investigations insolentes sur les sculptures de Picasso dont il met au jour, grâce à ses radiographies, une étonnante face cachée, à jamais invisible pour le visiteur. Dès lors, confondu par ces indiscrétions sacrilèges, on préfère croire à des coïncidences ou au hasard pour ne pas subir la sainte colère du créateur ! Photographe de l’invisible, il réinstaure une nouvelle chambre noire à la démesure du corps humain. Des objets familiers accompagnent ces faux patients : on croit reconnaître des gants, une peluche, serait-ce un masque qui lisse cet arrondi du visage ? Avec ces portraits interactifs à palette numérique, l’artiste renoue avec la pose et le modèle. L’œil est neuf comme l’objectif, dans cette nouvelle photographie. L’imagerie n’est plus d’expertise ou médicale mais bien d’avant-garde. Ces clichés qui impressionnent les corps diffusent une énergie venue d’on ne sait quels confins. Née d’une apparence androïde, une autre humanité apparaît micro ou macrobiologique. Le rapport à l’image est autre, ainsi rénové de ces indices photographiques, comme prêt pour un nouveau départ. « J’ai posé une série de non » expliquait Richard Avedon, ce portraitiste de l’âme, quant à son travail. Xavier Lucchesi, lui aussi, dit non : tout n’a pas été photographié.
Xavier Lucchesi
Série les radioportraits, Xavier Lucchesi

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