Marseille-Provence 2013 – Sous le signe du renouveau

Daniel Knorr, courtesy galleria Fonti, galerie Nächst St. Stephan-Rosemarie Schwarzwälder

La Provence et sa douceur de vivre, une vision largement partagée. Cette année, en plus de ses qualités habituelles, la région fait valoir des arguments culturels exceptionnels : l’Europe a désigné Marseille et plusieurs dizaines de villes avoisinantes comme « capitale de la culture ». Décliné en trois temps forts, l’agenda de Marseille-Provence 2013 a lancé pour l’été la séquence La Provence à ciel ouvert, faisant la part belle aux manifestations de plein air et à l’ouverture tant attendue du nouveau musée national, le Musée des civilisations d’Europe et de Méditerranée, idéalement placé entre la vieille ville et le large. Voici quelques pistes à suivre au cœur de la cité phocéenne.

Une histoire de la photographie

Le Centre national des arts plastiques (Cnap) possède l’une des plus importantes collections de photographie contemporaine d’Europe portée par un fonds de plus de 12 000 œuvres. Le photographe Patrick Tosani en a choisi 665 – de 183 auteurs, célèbres ou émergents – pour constituer un atlas sans légende de ce continent d’archives. L’histoire de la photographie est également servie par une scénographie originale : un générateur aléatoire puise dans une base de 1 000 images et les présente sous la forme d’une cimaise vidéoprojetée. L’exposition Des images comme des oiseaux, coproduite par la Friche la Belle de Mai et le Cnap, est également associée aux Rencontres de la photographie d’Arles.

Jusqu’au 29 septembre.

Balthasar Burkhard, courtesy Centre national des arts plastique
Mexico, Balthasar Burkhard, 1999
En ligne de mire

Les Ateliers de l’Euro-Méditerranée permettent à des artistes d’investir des structures non dédiées à l’art et d’y réaliser des œuvres in situ. En résidence au Centre Richebois, consacré à la rééducation des travailleurs devenus incapables d’exercer leur métier à cause de leur handicap, Yazid Oulab a travaillé sur Le Désir de rivage, une réflexion sur l’immigration. Parmi les sculptures exposées, celles de la série A l’horizon… sont inspirées de la forme des cibles, voire des mires, et pointées sur le Maghreb depuis le promontoire du centre. Certaines sont réalisées en fil de fer barbelé pour un effet que l’artiste estime contradictoire : le fil barbelé est une entrave, alors que la mire et la cible indiquent l’intention, le but à atteindre, la direction à prendre.

Jusqu’au 31 décembre.

Yazid Oulab, courtesy Philippe Martinez
A l’horizon… (simulation numérique), Yazid Oulab, 2013
Tisser des liens entre toutes les rives

L’expérience de la migration rassemble la plupart des 145 artistes plasticiens de l’exposition Le Pont, dont les œuvres habitent les salles et le cinéma du Musée d’art contemporain de Marseille (Mac) et près de trente lieux répartis dans la ville. Les Grecs, indissociables de l’histoire de la Méditerranée et de celle de la Cité phocéenne, évoquaient, avec le pontos, la mer comme lien entre les civilisations et sa traversée comme aventure. Les multiples regards des artistes de l’exposition éclairent sur les enjeux de ce lien, quand la culture de l’un se heurte à celle de l’autre et doit faire sienne d’autres références. A l’heure de la globalisation, de la communication en temps réel, les créateurs vantent la richesse et la diversité du monde, confrontant également leurs expériences de vie et de déplacement. Par ailleurs, ceux qui ont un jour fait escale à Marseille témoignent dans ces retrouvailles de l’hospitalité de la ville et de son caractère universel.

Jusqu’au 20 octobre.

Adrian Paci, photo Olivia Mistrih
Home to go, Adrian Paci
L’architecture du futur défrichée

Pendant sept mois, la Friche la Belle de Mai va mettre en lumière l’artiste néerlandais Joep Van Lieshout et son Atelier, composé d’artistes, de designers, d’architectes et de managers. L’Atelier Van Lieshout invente des architectures, reformule des objets utilitaires, propose des œuvres à vivre et à expérimenter, en dépassant la fonction esthétique. A la Friche la Belle de Mai, la période de résidence et d’étude des possibilités du lieu laissent maintenant la place à la présentation, avec pas moins d’une exposition monographique, deux expositions collectives – incluant des artistes français et étrangers –, une foire, une édition Web, des débats, des films, des concerts et des performances.

Jusqu’au 22 décembre.

Atelier Van Lieshout
Headquarters, Atelier Van Lieshout, 2008
Epopée de vies d’errance

Le photographe Antoine d’Agata, membre de Magnum Photos, présente au MuCEM – Fort Saint-Jean son travail sur les migrants : Odyssées. Par la photographie et la vidéo, l’artiste confère au voyage de chacun des migrants rencontrés la puissance d’une odyssée personnelle, faite d’un quotidien apparemment trivial de routes, de foyers, de centres de rétention et de zones portuaires. Odyssées est l’un des quatre temps de l’ensemble Les Choses de ce côté du monde. Il est par ailleurs réalisé en partenariat avec Košice 2013, la ville slovaque étant elle aussi capitale européenne de la culture.

Jusqu’au 23 septembre.

Antoine d’Agata
Migrants, Tripoli, Antoine d’Agata, 2011
La Méditerranée dans l’œil de huit photographes

Les Choses de ce côté du monde est le titre générique de quatre expositions de photographie et de vidéo au MuCEM – Fort Saint-Jean qui visent à rendre compte de la complexité des mondes méditerranéens. L’exposition collective éponyme, la première de la série, rassemble les études architecturales et topographiques ainsi que les points de vue poétiques et politiques de huit artistes contemporains : Claire Chevrier, Waël Shawky, Ange Leccia, Patrick Tosani, Jean-Luc Moulène, Stéphane Couturier, Servet Kocyigit et André Mérian.

Jusqu’au 29 juillet.

Ange Leccia
Soufi (extrait), vidéo, Ange Leccia, 1997
Du mécénat à la Charité

Des installations rhizomatiques de Tatiana Trouvé à l’univers fantastique de Loris Gréaud, des œuvres lumineuses de Vincent Lamouroux et de Christophe Berdaguer & Marie Péjus à l’ironie sculpturale de Boris Achour, en passant par les recherches picturales d’Ida Tursic & Wilfried Mille, voici quelques-unes des îles de ces Archipels réinventés/2, dont le point commun est d’avoir été récompensées par le prix Fondation d’entreprise Ricard – créé en 1999 – et d’être dès lors entrées dans les collections du Centre Pompidou. Sous l’égide de la conservatrice Emma Lavigne, ces œuvres dessinent les contours de la nouvelle scène française dans le cadre historique du centre de la Vieille-Charité.

Jusqu’au 22 septembre.

Vincent Lamouroux
(Unwinding) Corridor, tubes fluorescents, peinture acrylique noire, Vincent Lamouroux, 2006
Un genre très méditerranéen

Le Musée des civilisations d’Europe et de Méditerranée associe les pierres presque millénaires du fort Saint-Jean avec le métal et le verre du MuCEM-J4, conçu par l’architecte Rudy Ricciotti. Cette dernière structure accueille, pour son ouverture, une exposition-réflexion sur la question du genre et les relations entre hommes et femmes en Méditerranée. Le parcours est pensé comme un voyage associant des objets de la vie quotidienne issus des collections d’ethnologie du MuCEM à des œuvres d’artistes contemporains, parmi lesquels Pierre et Gilles, Canan ou Sandra Dukic. Des extraits de films, fictions ou documentaires complètent les propositions rassemblées par Au bazar du genre, qui témoigne de la multiplicité des formes du féminin et du masculin dans le monde méditerranéen et soulève les questions afférentes à la sexualité, à la rencontre amoureuse, à la famille ou à la revendication des droits. Avec des problématiques et des apprentissages de rôles variant en fonction de la géographie.

Jusqu’au 6 janvier 2014.

Retrouvez cet article et quelque 300 événements estivaux d’art contemporain, sélectionnés par notre rédaction en France et en Europe, dans le numéro spécial Eté 2013 de l’e-magazine pour tablettes numériques ArtsHebdo|Médias. Téléchargez à cet effet gratuitement notre application sur l’Appstore ou sur Google Play.

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