Gosti et ses amis – Quand l’art et les artistes se tutoient

Peintures de Sylc,

Difficile de s’y sentir à l’étroit… Et pour cause ! La galerie de Tourgéville n’offre pas moins de 1 000 m2 d’exposition. Pour sa session de printemps, Alain Forget, le maître des lieux, a décidé de donner carte blanche à l’amitié. Dix-sept ans après sa première exposition dans ce splendide espace, le sculpteur Jean-Yves Gosti revient, accompagné d’artistes de son choix. Et à tout seigneur tout honneur, il peut y déployer à loisir les multiples facettes de son inspiration. Si le granit reste son matériau de prédilection, le métal et le bronze trouvent ici aussi leur place. Le sculpteur explore depuis toujours les trésors et les détresses d’une humanité aux multiples facettes.

Les tableaux de Joël Lorand affichent, quant à eux, leurs entrelacs magnétiques. Dessinateur orfèvre, l’artiste est un maître du fusain et du crayon de couleur dont la mine sert, parfois, à graver des lignes de faille sur la toile. Pour entrer dans ses œuvres, il faut se laisser entraîner sur des chemins hérissés de symboles. Là se trouve la clé d’un monde foisonnant, entre folie organique et mystère végétal. Catherine Ursin fait partie de ces femmes puissantes qui tutoient la nature et soumettent la matière. Découpeuse de métal, l’artiste intègre volontiers à ses pièces ossements et dents d’animaux. Il y a dans ce travail-là un peu d’envoûtement et de vaudou mais aussi une réflexion sur la violence, notamment celle faite aux femmes et aux animaux.

Les tableaux abstraits de Florence Roqueplo parlent un langage essentiel. Sont-ce des traces ou des symboles qui parsèment la toile ? Peu importe, au fond : l’alliance sensuelle de la couleur et du signe livre un riche dialogue entre sensation et pensée. Contraste chromatique, contraste des matières : l’œuvre respire sous le souffle d’une profonde inspiration et trouve son chemin vers la lumière. Femme au ventre fécond ou athlètes filiformes, les bronzes d’Andie Toesca semblent tout droit sortir de la boue originelle.

Le peintre Sylc est, elle, une conteuse. Ses tableaux sont hantés par un peuple d’êtres singuliers aux yeux ronds d’enfants déconcertés. Les couleurs volontairement fondues, délavées composent des images instables, souvenirs imprécis qui subsistent au sortir des rêves. Pour nous donner à voir l’ADN des métaux, Raymond Quai réussit le tour de force de donner l’aspect de la vie à la matière la plus aride. Ses tableaux vivants, en 3 D, interagissent avec le spectateur à mesure que celui-ci se déplace. Apparitions fugitives, sensations de profondeur, ces « sculptures lenticulaires » reproduisent jusqu’à l’illusion du toucher.

Par la magie des affinités électives qui relient les êtres, les œuvres, malgré une apparente diversité, dialoguent dans cette exposition en toute complicité.

Peintures de Florence Roqueplo,
sculptures d’Andie Toesca., toescafr.jpg

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