Gérard Cambon à New York et Chicago – Les manèges enchantés

La très belle exposition à la galerie Béatrice Soulié à peine terminée, Gérard Cambon sort les valises du placard. Direction New York et l’Outsider Art Fair. Comme chaque année depuis douze ans, l’artiste français installe avec précaution quelques pièces dans ses bagages et file vers la Grosse Pomme participer au salon d’art singulier le plus prisé au monde. Accompagné par quelques copains, il y va non seulement pour montrer ses dernières créations mais aussi admirer celles des autres  : «  A chaque fois, j’y découvre des œuvres qui me fascinent. » Mais le voyage américain ne se terminera pas après les trois jours du salon ; Gérard Cambon poussera alors jusqu’à Chicago, où l’attend Judy A. Saslow. La galeriste, avec laquelle l’artiste travaille depuis six ans, prépare actuellement une exposition de ses nouvelles œuvres, qu’elle présentera avec celles de Michel Nedjar et de Christine Sefolosha du 25 février au 1er avril. Pour tous ceux qui ne sont pas passés rue Guénégaud et qui n’iront pas outre-Atlantique, voici les toutes dernières sorties d’atelier.

Petit Manège. «  C’est le premier manège. C’est lui qui a initié ma réflexion sur le genre. J’ai passé l’été à imaginer les autres. Il est un peu sale, pas très soigné, un peu bricolo. En gros, très outsider  ! Et malgré tout cela, il capte l’attention. Il est le préféré des visiteurs. C’est un petit mystère. Il part pour New York.  »

Les Guetteurs. «  C’est un exemple de ce que je recherche, l’aboutissement de ma logique de travail  : assembler des pièces de nature différente et faire en sorte qu’elles se transforment, se fondent, pour se mettre au service de l’ensemble. Je trouve dommage de dévoiler la réalité de chacun des éléments, cela court-circuite l’imagination. Disons que cette pièce a assimilé une graine africaine et une lanterne de charrette datant du début du XXe siècle  !  »

Gérard Cambon
La Raoul mobile, Gérard Cambon, 2011

Loco Requin. «  J’ai trouvé l’élément principal à Pasadena, près de Los Angeles. Je l’ai mis dans ma valise sans savoir ce que j’allais en faire. C’est la première fois que j’utilise un objet en plastique. Je me suis interrogé sur la pertinence d’un tel choix, mais, finalement, j’ai décidé de me lancer. J’ai travaillé l’idée d’évasion, de légèreté. Je voulais que les personnages donnent un aspect paisible et lumineux à l’ensemble. La couleur orange de la forme en plastique m’a incité à travailler avec de véritables oranges. Une expérience que j’ai renouvelée pour d’autres pièces.  »

La Raoul mobile. «  Comme la Shoes loco, cette pièce utilise une forme pour chaussure. J’y ai ajouté une vieille gaine et un soufflet. Le plus improbable est de réunir des objets indifférents les uns aux autres et qui, au final, vont raconter une nouvelle histoire. Parfois, il suffit d’une lunette ou d’un porte-cigare pour que le «  miracle  » se produise  !  »

Photo MLD
Gérard Cambon@à la galerie Béatrice Soulié
Les Ateliers. «  Attaquer une pièce comme celle-ci est toujours un pari au départ. Celui d’intégrer des éléments étrangers les uns aux autres. Ici, deux petits radiateurs s’insèrent dans la composition. L’objectif est toujours le même, oublier, face à l’œuvre, les éléments qui la structurent. C’est un bon exemple de détournement.  »

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