Spirits of Internationalism à Anvers – L’art en ce temps-là

Spirits of Internationalism est une double expositionprésentée simultanément au M HKA à Anvers et au Van Abbemuseum à Eindhoven. Imaginé dans le cadre d’un projet européen de collaboration entre ces deux musées, le MACBA à Barcelone, la Moderna Galerija à Ljubljana, ainsi que la Július Koller Society à Bratislava et les Archives KwieKulik à Varsovie, cet événement réunit des œuvres réalisées entre 1956 et 1986. Voici ce qui concerne le volet belge de la manifestation.

Robert Morris, collection Van Abbemuseum, courtesy M HKA
9 H-Shapes, Robert Morris, 1968
Le monde en ce temps-là était constitué de trois «  blocs  »  : un «  libre  », un communiste et un «  non-aligné  ». Si les moins de 20 ans ne peuvent se souvenir, les autres n’ont qu’un petit effort de mémoire à accomplir pour faire renaître cette passionnante seconde moitié du XXe siècle et sa cohorte d’événements  : guerre froide, constitution de l’Europe, décolonisation, expansion des marchés, conquête spatiale, développement des transports, explosion des communications… La planète se rétrécit à mesure que se créent de nouveaux horizons. L’art bouillonne, éclate en de nombreux mouvements, s’empare de tout  : nouveaux matériaux, nouvelles idées, nouvelles technologies, actualité… Rien n’échappe aux artistes qui veulent s’exprimer, refléter leur époque, en dénoncer les perversions, mais aussi et avant tout, peut-être, participer.La dimension sociopolitique des œuvres

Spirits of Internationalism propose une sélection d’œuvres réalisées entre 1956 et 1986. L’expositionprésentée au M HKA à Anvers est divisée en huit parties  : « Le Concret », « L’Essentiel », « Le Transcendantal », « Le Subverti », « Le (Dé)localisé », «  L’Universel », « Le Positionné », et « L’Engagé ». Huit «  esprits  » qui souhaitent exprimer la tension entre le régional et l’international dans l’art à l’époque de la guerre froide, ainsi que la tension entre l’esthétique et la dimension sociopolitique des œuvres. Les artistes se sentent-ils liés à l’universel ou observent-ils plutôt la matière concrète ? Cherchent-ils le salut dans une humanité transnationale ou forgent-ils des liens étroits avec leur propre environnement ? Se jouent-ils du système avec ironie ou sont-ils assidûment en quête de l’essentiel ? Voici quelques-unes des questions abordées par les deux commissaires de l’événement  : Bart de Baere et Anders Kreuger. S’il n’est pas toujours évident de les suivre, rien n’empêche, tout simplement, de se laisser porter par la (re)découverte de ces œuvres qui, pour certaines, appartiennent déjà à l’histoire de l’art. Au fil des salles et pour le plaisir, citons  : Märkische Heide (1974) d’Anselm Kiefer, Abstraktes Bild nr 421 (1977) de Gerhard Richter, Scultura nera (1984) de Michelangelo Pistoletto, Palisade (1976) de Carl Andre, Tuxedo Junction (1960) de Frank Stella et V71-63 (1971) d’Herman de Vries. Une échappée pour tous ceux qui veulent comprendre l’art d’aujourd’hui.

Pour 1 euro

Pour 1 euro, le M HKA propose un petit ouvrage qui présente succinctement Spirits of Internationalism et reproduit l’ensemble de l’exposition  : page de gauche, une œuvre, page de droite, une note biographique de l’artiste. A titre d’exemple et parce que cette pièce est particulièrement mise en valeur à Anvers, voici le petit texte d’accompagnement de H-Shapes (1968) de Robert Morris  : «  Robert Morris (1931, Etats-Unis, vit à New York) fait ses études en tant que peintre et s’intéresse en particulier à la danse et au théâtre d’improvisation. L’aspect performatif et participatif demeure l’axe essentiel de son œuvre plus aboutie à partir des années 1960  ; qui se situe en grande partie dans la sphère de la sculpture. A l’instar de bon nombre de ses pairs et contemporains, il s’inspire de Duchamp. Apparence et signification, forme et action se mesurent les unes aux autres dans l’œuvre de Morris, qui se compose de structures imposantes (souvent conçues pour l’extérieur), de pièces conceptuelles et de rencontres mises en scène entre performeurs et objets sculpturaux  ». Ce petit livre est un vrai cadeau.

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