Festival de La Gacilly – Voyage en photographie

Tout l’été, la photographie est à l’honneur à La Gacilly dans le Morbihan. La 9e édition du Festival Photo Peuples & Nature met à l’honneur le Brésil. Visitée par 250 000 personnes l’an dernier, la manifestation est entièrement réalisée à l’extérieur. Une belle occasion d’admirer le patrimoine préservé de cette petite ville bretonne, tout en voyageant à l’autre bout du monde.Du linge sèche à la fenêtre, un couple observe la rue, une femme arrange des fleurs dans un vase…, les habitants du 911 Prestes Maia de São Paolo sont immortalisés dans des gestes simples du quotidien. Les cartons et les planches de bois qui obturent certaines ouvertures en façade racontent aussi sûrement que des mots l’histoire de l’un des plus grands squats d’Amérique latine  : en 2006, plus de 750 familles vivaient dans cet immeuble de vingt-deux étages. A La Gacilly, Julio Bittencourt a choisi d’habiller une demeure avec ce spectaculaire photomontage, témoin des difficultés rencontrées dans de nombreuses villes dont la croissance est allée de pair avec la précarité de l’existence. Le photographe brésilien compte parmi les invités de la 9e édition du Festival Photo Peuples & Nature, installé dans la petite cité bretonne jusqu’au 30 septembre. Cette année, le Brésil est à l’honneur. «  Le photojournalisme aide à décrypter le monde qui se fait sous nos yeux. En nous ouvrant aux grands problèmes qui touchent notre planète, en faisant la connaissance des peuples qui vivent en harmonie avec la nature mais aussi des mégalopoles qui explosent ici et là, notre commune montre qu’elle sait allier curiosité et souci de comprendre les autres cultures  », explique Jacques Rocher, fondateur de la manifestation et maire de La Gacilly. Equipé de bonnes chaussures et d’un chapeau pour se protéger du soleil estival, le visiteur est invité à découvrir un parcours d’expositions entièrement réalisé à l’extérieur. Il arpente ainsi ruelles pavées et escaliers de schiste à la recherche des différentes «  galeries  » installées tantôt le long d’un chemin de terre, tantôt dans un labyrinthe de verdure ou encore au cœur d’un jardin fraîchement taillé. L’exercice est si agréable que 250 000 visiteurs s’y sont adonnés l’an dernier  ! Parmi les photographes choisis par Cyril Drouhet, commissaire du festival, Anouk Garcia offre une fascinante plongée dans l’univers d’une tribu chamanique du nord du Brésil. Une exposition qui célèbre la mémoire d’un membre de cette dernière. Ika Muru Agostinho Huru Kuin, décédé l’an dernier, a su préserver un territoire pour son peuple, les Huni Kuin, et transmettre leur culture  : «  C’est dans leur histoire et leur connaissance ancestrale que les peuples de la forêt trouveront les solutions et la force nécessaires afin de protéger leur environnement intimement lié à leur existence et à l’équilibre naturel du monde  », affirmait-il.

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Gilles Bassignac & Jean-Michel Turpin courtesy Festival photo La Gacilly, photo MLD
Les Morbihannais dans l’objectif, Gilles Bassignac & Jean-Michel Turpin

Plus loin, le travail de Gilles Bassignac et Jean-Michel Turpin aimante l’œil. Dans l’objectif  : les Morbihannais  ! A bord d’un camping-car, les deux compères ont sillonné le département à la rencontre de ceux qui en font la richesse et lui offre son identité. Le cliché du barde Michel Chauvin vient singulièrement rappeler la puissance du lien qui unit les Bretons à leurs traditions et à leur terre. A l’abri des arbres, les photos de Cédric Delsaux sont pour la plupart présentées par deux. Le regard à la fois aiguisé et désenchanté du photographe emplit ces diptyques. Subtilement éclairés par les rais du soleil qui poignent à travers le feuillage, les clichés viennent nous raconter notre monde, la relation que l’homme a établi avec la nature, son apprivoisement forcé, les plaies qu’il lui inflige, mais aussi la beauté qui s’en dégage. «  Nous sommes des soldats dérisoires pris dans les filets de la mégamachine. Des passagers à la destination compromise. Pourtant, je reste fasciné par l’univers que nous avons créé, ses matières, ses couleurs, ses formes  : il faut une part de génie pour l’inventer et une part de folie pour y vivre  », explique l’auteur de ces clichés d’une grande beauté plastique et d’un constat souvent désespérant. Aussi troublantes mais plus optimistes sont les superbes photographies d’Heidi et Hans-Jürgen Koch, réunies sous l’intitulé Comme nous. Accrochées sur un immense mur percé de fenêtres et couvert de vigne-vierge, elles montrent des chimpanzés, des gorilles et des orangs-outans qui nous regardent  ! Au fond de leur yeux les enfants y décèlent de la tendresse, de l’amusement, des interrogations. «  Sont-ils si différents de nous  ?  », s’interroge l’un d’entre eux. La magie de la photographie opère. Une fois encore. [[double-hv200:3,4]]

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