Lejeune, Eschapasse et Nold – Les couleurs du vivant

Fascinée par la forêt, Caroline Lejeune invite à la contemplation et ouvre une brèche sur le merveilleux chaos de la vie. «  La forêt incarne pour moi le désir de se promener, et au-delà l’émerveillement de ce cheminement qu’est la vie, la peinture  », explique l’artiste installée à Montreuil. De ses compositions complexes mélangeant troncs d’arbres, branchages et feuillus, se dégage une énergie insensée, magnifiée par une constante  : la jeune femme peint en gris offrant ainsi une vision brute de la nature, presque minérale, où tous les repères ont disparu. Reste la lumière, fascinante, issue de la traduction en noir et blanc des camaïeux de couleurs de la végétation, devenus quasiment des monochromes. Comme pour réchauffer ses toiles, l’artiste a convié à la galerie Odile Ouizeman le paysagiste Thomas Eschapasse. Son installation Living Colors revisite le test chromatique d’Hishihara – l’expérience décèle les déficiences de teintes rouges et vertes grâce à trente-huit planches colorées –, et propose un assemblage de coupelles en verre, de différents diamètres, remplies de mousses et autres végétaux. Des verts, des jaunes et de vifs orangés attirent notre regard et nous interrogent  : êtes-vous encore en mesure de percevoir l’originalité de la nature  ? Cette démarche d’intégrer le monde végétal à l’urbain est également celle de Dorothea Nold  : sa création éphémère Grundkreisrund 2 – une suspension démesurée, confectionnée à partir de morceaux de tapis d’herbe formant une membrane qui lie les mondes extérieur et intérieur – s’immisce dans notre intimité, participe à la révélation de nos désirs. Loin d’écrire un manifeste écologique, ces trois artistes révèlent le vivant et son essence sacrée.
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Grundkreisrund 2, Dorothea Nold, 2010

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