Jérôme Delépine – Les portes de la perception

Jérôme Delépine

Issues d’un rêve ou d’une fable de la comtesse de Ségur, deux petites filles de blanc vêtues jaillissent des brumes du temps. De leur muette présence sourd une secrète injonction que révèle le titre du tableau : « Regarde ». Qu’il peigne des portraits, des nus ou des paysages, la lumière irradie toute l’œuvre de Jérôme Delépine. L’artiste, pleinement au cœur de ses compositions, fait passer un souffle subtil ; une mystérieuse clarté traverse la toile, sublime les chairs, réinvente les illuminations et les lueurs soufrées des batailles, des teintes en gris-bleu de l’orage sur une mer démontée surgit un « Bateau ivre »… Par le jeu subtil des contrastes, le sujet magnifié, nimbé d’un halo, sort de l’ombre. Une autre image apparaît alors, chargée de mystère et de douceur. « La toile n’est autre qu’un miroir inventé dans lequel je me cherche. De toute façon, je ne sais pas ce que c’est que de voir la réalité » explique le peintre. Derrière ces phrases pudiques se cache une maladie qui a quasiment privé l’artiste de la vue. Transcender la souffrance d’être pour accéder à la liberté, telle pourrait être la définition de la création artistique. C’est en tout cas le chemin qu’a choisi Jérôme Delépine.

GALERIE

slider
Pas d'images trouvées
Contact
Crédits photos