Delphine Gigoux-Martin à Paris – De retour du Brésil

Delphine Gigoux-Martin

Pour la première fois, la figure de l’homme fait son apparition dans l’œuvre de l’artiste. Delphine Gigoux-Martin présentera à partir de demain à la galerie Metropolis, à Paris, les premiers travaux inspirés par un séjour dans les régions brésiliennes d’Amazonie et du Pantanal.Chimères et histoires à dormir debout : le travail de Delphine Gigoux-Martin est le lieu de rencontres étranges et fortes. Par la grâce de ses œuvres, l’artiste confronte sans cesse le spectateur à des énigmes riches d’interrogations paradoxales. Dans La Vague de l’océan, un renard s’essaie à l’envol avant de s’écraser contre un mur. Dans L’Arc est bandé et ajusté, évite la flèche, une biche tente d’échapper à un cerf en rut. Tous deux, naturalisés et inertes, prennent vie dans l’étendue du dessin ou du film d’animation. Par la projection d’images animées, l’artiste crée un moment de tension, de rupture. Elle élargit l’espace d’évolution et multiplie les pistes de narration. Le mouvement s’invite dans l’installation et, avec lui, cette vie qui a cruellement déserté le corps des animaux.

Delphine Gigoux-Martin crée ses dessins animés image par image, à raison de douze par seconde. Son trait elliptique, proche de l’esquisse, et la lenteur voulue du film créent une sensation de flottement, un espace méditatif. Elle s’attache cependant à une décomposition fine du mouvement et travaillait donc jusqu’à présent à partir de vidéos ou de films documentaires, qu’elle louait ou achetait.Des vidéos de singes ou de piranhas

Soutenue par le Centre national des arts plastiques, Delphine Gigoux-Martin a entrepris en juillet un voyage d’un mois au Brésil dans les régions d’Amazonie et du Pantanal. Son but : constituer sa propre banque d’images et aller « à la rencontre de rituels et d’histoires sociales en rapport avec l’animal ». Pendant son séjour, l’artiste a notamment observé combien la liberté de l’animal sauvage est menacée. Si l’écotourisme préserve bien la biodiversité, il sous-tend aussi une obligation de résultat pour les guides. Les apprentis explorateurs, venus de très loin, exigent en quelque sorte que la nature leur rende l’effort qu’ils ont consenti. On parle notamment de baguer les jaguars pour mieux les suivre… Delphine Gigoux-Martin avait déjà exploré notre rapport à l’animal dans sa fonction domestique ou alimentaire. Nul doute que cette nouvelle approche élargira le champ de ses recherches. Les vidéos de singes, piranhas ou anacondas tournées au Brésil seront transformées en dessins animés et trouveront leur place dans de futures installations.

En attendant, les premières œuvres inspirées par ce voyage sont exposées à partir de demain à la galerie Metropolis à Paris. Sur des photos en noir et blanc, anciennes ou contemporaines, l’animal y tient encore la vedette et s’invite au premier plan : émeu farceur qui chatouille de jeunes mariés ou grenouille exotique avalant un garçon. Des images qui signent la première irruption incarnée de la présence humaine dans le travail de l’artiste.

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