Mécénat – Société Générale – De jeunes talents chinois exposés à Paris

Jiang_Pengyi

La galerie Paris-Beijing s’apprête à exposer à Paris les trois lauréats du premier Prix d’art contemporain chinois de la Société Générale, initiative qui entend encourager la jeune création chinoise. Peintures, dessins, photographies et vidéos étaient en compétition. Le grand prix du jury a été décerné à Jiang Pengyi pour Unregistred City NO.2, tirée d’une série de sept photographies. Dans une pièce à l’abandon, au milieu de la poussière et des gravats, des immeubles miniatures se dressent le long d’une artère. Terrassée par un tremblement de terre ou une guerre, nul ne le sait, cette cité de Lilliputiens enfermée entre quatre murs délabrés exhale un parfum de fin du monde. «  Mon objectif était de réduire la taille d’une véritable ville et de la placer au cœur d’une scène de destruction, d’un paysage dévasté. Cette création entend évoquer les émotions que nous ressentons sur le lieu d’une catastrophe. Le chaos conduit toujours à une expérience de la peur  », explique l’artiste. Le prix spécial du jury, quant à lui, a été attribué au duo Luo Haiming et Qiu Shimming pour Fang-Grain Rain, vidéo de huit minutes. Dans une salle abandonnée, une main trace au pinceau et à l’eau des caractères sur une plaque d’argile  : «  fang zhi  » (chroniques locales), «  fang wu  » (produits locaux), «  fang yan  » (dialectes), «  chu fang  » (ordonnance). Dans chacun d’entre eux, le même caractère fang, croc, revient. Un homme, enfermé lui aussi, s’adonne à un étrange rituel  : il manipule du grain. D’après la tradition, les lentilles d’eau commencent à pousser le premier jour du «  Grain rain  » (pluie de grains), division parmi les vingt-quatre que comptent les saisons en Chine. Ce travail, réalisé à partir de 29 000 clichés sélectionnés pour créer des séquences de «  photos animées  », parle de la mémoire des lieux et des mots, sans toutefois que le spectateur en soit totalement convaincu. Plus classique est l’œuvre plébiscitée par le prix du public  : I Feel that You are Leaning on My Shoulders de Liu Xianfeng, artiste qui met crayons et pinceaux au service d’une réflexion sur la transformation de son pays, le développement d’une société de consommation. Le premier prix s’est vu octroyer une dotation de 15 000 €, les deuxième et troisième 7 000 € chacun. Ces trois œuvres accompagnées de celles nominées ont bénéficié d’une exposition itinérante à travers l’Asie (Taipei, Shangai, Hong Kong, Tokyo). Le 15 avril, elles seront à Paris avant de rejoindre Singapour.

Liu Xianfeng
I Feel that You are@Leaning on My Shoulders, Liu Xianfeng

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