Alex Katz – Le quotidien en état de grâce

Alex Katz courtesy galerie Thaddaeus Ropac, Paris

La vivacité des couleurs comme la subtile simplicité du trait participent à la sérénité qui, depuis ses débuts, voici plus d’un demi-siècle, émane de ses toiles. A 82 ans, Alex Katz poursuit une démarche entamée au lendemain de la guerre, lorsqu’il s’exprimait et s’affirmait à travers un art résolument figuratif et étonnement épuré. La peinture, à l’époque, était pourtant tout entière dévolue à l’expressionisme abstrait. Précurseur du pop art, le peintre américain refusera toujours de se laisser étiqueter ou d’être rattaché à un quelconque mouvement. Poursuivant une œuvre lumineuse et forte, essentiellement axée sur son univers intime, effleurant avec grâce et innocence la banalité, le quotidien, fût-ce le sien, l’artiste peint inlassablement le portrait de sa femme Ada et celui de son fils Vincent ; il dessine les contours de ses amis les plus proches comme il esquisse ceux de personnages anonymes ayant partagé un instant, ou peut-être plus, de son monde secret. Il n’en affectionne pas moins les paysages, bucoliques ou urbains, dont les variations, infiniment poétiques, flirtent avec l’abstraction. Il est en tout cas étonnant de constater combien des toiles, pourtant réalisées il y a quelque trente ou quarante ans, restent ancrées dans la contemporanéité du monde pictural, au même titre que celles créées ces dernières années. En association avec le musée finlandais de Tampere et celui de Clèves, en Allemagne, le musée de Grenoble a réuni plusieurs dizaines de ses œuvres, offrant ainsi au public la première rétrospective muséale française dédiée à cette figure majeure de la peinture américaine.

Alex Katz, photo Sara Hildén courtesy Art Museum, Tampere, Finlande
Vincent Smiling, huile sur toile, Alex Katz, 1972

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