Noël Dolla à Nice – Entrée libre et conseillée

Noël Dolla/Photo François Fernandez

«  Remettre en question le regard que l’on porte sur les choses  », tel est le principe suivi depuis toujours par Noël Dolla. Le plasticien est l’hôte de la Villa Arson, à Nice, dont il a investi la totalité des espaces en compagnie de jeunes talents et artistes reconnus, invités à composer une gigantesque expérience placée sous le signe de l’invention, du dialogue et du jeu.

«  A tous les artistes que j’ai invités, j’ai précisé que l’entrée serait libre mais non obligatoire – le titre résume pas mal de choses –, et que la question du politique traverserait toute l’exposition, y compris la façon de la construire.  » Ainsi parlait Noël Dolla à deux mois du vernissage. Tout l’été, les visiteurs se sont succédés à la Villa Arson, école nationale supérieure d’art à Nice, pour découvrir cette manifestation artistique hors norme concoctée par l’artiste, qui enseigna dans l’établissement de 1974 à 2011. Galeries, jardins, terrasses et même les ateliers de l’institution ont été mis à contribution pour mettre en œuvre une passionnante et débordante proposition artistique. Capharnaüm débridé pour certains. Mais que l’on ne s’y trompe pas  : «  Si le rôle de l’artiste est de mettre du désordre dans l’ordre régnant, il doit rester maître du boxon comme une vieille maquerelle, pour que le bordel reste beau, intelligent et joyeux  », précise Noël Dolla en superbe chef d’orchestre qui sait faire résonner l’ensemble, sans pour autant priver chaque pièce de sa petite musique singulière. Comme à son habitude, il remet tout en cause, s’amuse des dogmes, réinterroge une fois encore les certitudes qui fondent le projet d’une expérience picturale dans l’histoire de l’art et présente une œuvre en perpétuel mouvement, guidée par la conviction qu’une pratique artistique est toujours idéologique. Il lui faut sans cesse produire autrement. Pour lui, produire autrement : c’est rêver, inventer et réaliser des formes nouvelles de relations complices avec les artistes et les techniciens, pour créer et montrer des œuvres sans aucun souci de hiérarchie ou d’économie. Produire autrement : c’est susciter des interventions d’acteurs de la pensée politique contemporaine pour ouvrir les lieux, les yeux et l’esprit à d’autres champs. Produire autrement : c’est aussi faire intervenir de tout jeunes artistes, étudiants et enseignants de l’école d’art ; rendre hommage à ses pairs en présentant sa collection et inviter des grands de la peinture venus d’outre-Atlantique. Evidemment, ils ont tous répondu présents  : anciens étudiants, amis et compagnons d’art estimés. Il ne reste plus qu’une dizaine de jours pour découvrir ce qui fut une des plus belles et intéressantes invitations de l’été.

Noël Dolla/Photo François Fernandez
Noël Dolla (peintures), Tatiana Wolska, Compulsives, 2011, Salle May Fives
Noël Dolla/Photo François Fernandez
Sandra D. Lecocq et Noël Dolla, L’appartement du joyeux bordel, 2013

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