Galerie Jean-Luc et Takako Richard – « Dessinez ! » professait Donatello

Fidèle à ses artistes new-yorkais, la galerie Jean-Luc et Takako Richard présente, en ce mois du dessin, des œuvres de Ron Gorchov et ses fameux châssis courbes (ici des aquarelles) et Alain Kirili, tous deux artistes complices et déjà exposés, ce dernier avec des sculptures conjuguant art minimal et sensualité des corps. Un somptueux fusain sur papier-calque laisse entrevoir un beau visage surgi des limbes, tandis que Judy Pfaff offre, enfermée dans un sarcophage de verre, une œuvre pleine de vie et de poésie où le chaos le dispute à la légèreté  : papier plié, images trouvées, fleurs de soie, fils de Nylon de maçon et aluminium noir composent cette étonnante installation à la fois tableau et sculpture. Les dessins de Stefan Hoenerloh – graphite, acrylique et stylo-bille – toujours hors du temps, à l’image de ce peintre hors du commun, chantre d’un monde visionnaire dépouillé de toute histoire, de villes comme consumées de froide beauté, sont uniques. Stefan Hoenerloh se refusant obstinément à se séparer du moindre dessin, ceux qui sont accrochés ici sont donc rarissimes. Rare aussi ce diptyque de la Japonaise Risa Sato et cette étrange et lourde masse de cheveux d’où émerge un pied fort incongru… Sont donc rassemblées dans les belles et vastes salles lumineuses de la galerie, les œuvres d’une quinzaine d’artistes de différentes nationalités et cultures. Pour la première fois sont présentées des huiles sur papier du couple Alice Stepanek & Steven Maslin qui se jouent de ciels aux tonalités pastel, traversés d’oiseaux, alors que les espaces irradiés d’Hervé Heuzé, entre ciel et eau, basculent vers la sérénité. Techniques et visions esthétiques s’y confrontent  ; un dialogue s’instaure  ; entre dessins abstraits et figuratifs on assiste à des métamorphoses  : travail préparatoire ou œuvre achevée, Christoph Wedding et ses savants entrelacs noue des liens subtils avec la part d’ombre et les visages en souffrance de Christophe Avella-Bagur. L’œuvre achevée est parfois aussi une œuvre en gestation. A travers leurs échanges parfois inattendus, les œuvres sur papier poursuivent leur envol par-delà les murs, au fil des galeries du Marais et d’ailleurs impliquées dans cette aventure du dessin commencée il y a bien longtemps à coups de griffures, entailles ou encoches, puis à la pointe des calames ou et du pinceau. Mais c’était aussi bien avant l’ère du computer.
Christophe Avella Bagur, courtesy Galerie Jean-Luc et Takako Richard
Face FS49 Father’s Portrait Titre, Christophe Avella Bagur, 2007

Alain Kirilli, courtesy Galerie Jean-Luc et Takako Richard
Forge I, Alain Kirilli, 2008
Risa Sato, courtesy Galerie Jean-Luc et Takako Richard
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