New Art Fair à Paris – Une foire nouvelle génération

Anh Sun Mi, courtesy Visionairs Gallery (Paris, Hong-Kong, Singapour)

Pour bien démarrer 2013, ArtsHebdo|Médias est partenaire de la New Art Fair, du 11 au 13 janvier, à l’Espace Cardin, à Paris. Conçue pour accueillir les publics les plus divers, cette nouvelle foire se fait fort de vous faire devenir collectionneur  ! Née de la rencontre entre Yann Bombard et Cécile d’Aram, elle a vocation à se multiplier. Bordeaux est une étape déjà programmée. Entretien croisé.

ArtsHebdo|Médias. – Quel est votre premier souvenir d’œuvre d’art  ?

Yann Bombard. – Le célèbre affichiste Raymond Savignac, ami de mes parents, m’a offert pour mes 7 ans, une de ses affiches dédicacée «  A Yann, pour son âge de raison  ». J’ai eu le sentiment qu’il m’avait vraiment fait un cadeau d’adulte … J’ai d’ailleurs toujours cette affiche en bonne place chez moi.

Cécile d’Aram. – La multiplicité des affiches des expos des musées qui étaient chez moi lorsque j’étais petite. Et, plus précisément, celle d’une exposition de Nicolas de Staël.

Quel est le rôle principal de l’art dans une société comme la nôtre ?

Yann Bombard. – Pour le collectionneur, l’art est un moyen d’exister, de marquer sa différence, à l’heure où notre environnement s’uniformise peu à peu  : nourriture, habillement, manière de vivre… L’art reste un des rares domaines où «  l’artisanat  » est la règle, où chaque pièce est unique, où chaque univers d’artiste n’est pas le fruit d’une réflexion marketing, mais le reflet d’une personnalité.

Cécile d’Aram. – A mon sens, le rôle principal de l’art, c’est le plaisir des yeux !

Et s’il n’y avait qu’une seule raison de faire naître une nouvelle foire d’art contemporain à Paris  ?

Yann Bombard. – Les foires parisiennes sont faites sur le même modèle : séduire les «  grands  » collectionneurs d’art contemporain ; avec la New Art Fair nous souhaitons une foire dans laquelle chacun se sente à l’aise, concerné. Le grand collectionneur bien sûr, avec la présence d’artistes jamais vus à Paris, mais aussi l’acheteur occasionnel, ou le collectionneur «  débutant  », qui trouvera à la New Art Fair une sélection qui lui est destinée, dans une gamme de prix raisonnables.

Cécile d’Aram. – Simplement donner envie à tout un chacun de vivre au quotidien avec l’art.

Quelle définition donnez-vous de la New Art Fair  ?

Yann Bombard. – New Art Fair : la foire qui fera de vous un collectionneur.

Cécile d’Aram. – Diversité, internationalité et accessibilité, tout cela parmi des artistes vivants, exclusivement !

Quelle est la philosophie qui préside au choix des galeries sélectionnées pour la foire ?

Yann Bombard. – J’ai souhaité volontairement une sélection large, mais aussi inédite. Cohabitent ainsi de jeunes lieux avec des galeries établies, de jeunes artistes avec d’autres dont la réputation est forte dans leurs pays d’origine. Je souhaite que chaque visiteur découvre à la New Art Fair une œuvre dont il tombe amoureux, dans une gamme de prix qui lui correspond.

Cécile d’Aram. – J’insisterais une nouvelle fois sur la diversité, l’internationalité et l’accessibilité, sans oublier, bien sûr, la mise en avant d’artistes vivants.

DR
Cécile d’Aram et Yann Bombard
Pensez-vous qu’une foire d’art contemporain ait à se soucier du public non collectionneur  ?

Yann Bombard. – Evidemment ! On ne naît pas collectionneur, on le devient  ; s’intéresser au public d’amateurs, c’est façonner les collectionneurs de demain.

Cécile d’Aram. – Cela devrait être le rôle de toute foire d’art contemporain. C’est pour cela que nous définissons la New Art Fair comme «  la nouvelle foire internationale d’art contemporain qui fera de vous un collectionneur  » !

Pourquoi vous préoccupez-vous des enfants  ?

Yann Bombard. – J’ai 4 enfants et je me rends compte que, malheureusement, le système éducatif français ne met pas assez en avant l’éducation artistique. Ce rôle repose beaucoup sur les parents et en ouvrant la New Art Fair aux enfants, nous souhaitons faciliter cette approche de l’art.

Cécile d’Aram. – Parce que la plupart de nos visiteurs et acheteurs potentiels sont des gens comme moi, qui ont des enfants. S’ils souhaitent visiter une foire, il est important qu’ils puissent s’y rendre en famille et ainsi partager leur passion.

Quel est l’objectif du New Award, nouveau prix consacré au dessin  ?

Yann Bombard. – Le New Award offre la possibilité à un jeune artiste d’exposer son travail pour la première fois avec des professionnels.  En tant qu’organisateur, il nous a permis également de découvrir plus de 50 nouveaux talents rien que dans le domaine du dessin. 

Cécile d’Aram. – L’objectif du New Award est de donner un coup de pouce à un jeune artiste, car il est difficile pour eux de se frayer un chemin sur le marché. Nous avons choisi le dessin dans une réelle volonté de mettre en avant un médium un peu oublié, mais qui reste accessible à tous.

Pourquoi avoir choisi Bordeaux comme pendant régional de la New Art Fair Paris ?

Yann Bombard. – Bordeaux est l’une des plus grandes villes de France à s’être développée considérablement ces dernières années en matière de culture et, plus précisément, d’art contemporain. Il nous est donc apparu comme évident d’y proposer notre nouveau concept. Nous y disposerons du lieu magnifique qu’est le Hangar 14  : 2 400 m2 d’exposition et 600 m2 de terrasse  ; le tout surplombant la Garonne ! 

Cécile d’Aram. – Nous avons choisi Bordeaux, car aucune foire d’art contemporain n’existe dans la région ouest de la France. Récemment nommée au patrimoine de l’Unesco, Bordeaux est une ville attrayante, qui dispose d’une culture artistique très développée et d’un potentiel important en matière d’art contemporain, avec notamment le CAPC (Musée d’Art Contemporain de Bordeaux). Pour l’avenir, nous avons des projets plein la tête, hors les frontières, mais aucune ville arrêtée pour le moment.

Tony Soulié, courtesy Editions Rémy Bucciali
Aquatinte, Tony Soulié, 2010

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