Julien Salaud – Le sacré du fond des âges

Julien Salaud

Chez les animaux de Julien Salaud, la mort «  n’est pas un état définitif  ». L’artiste les présente comme «  des modèles de transe  » qui permettent de percevoir leurs étrangetés, leurs spécificités, loin de celles des hommes. Avec Constellation de la biche, le lauréat du prix Montrouge 2010 s’est inspiré des études d’une ethno-astronome qui a avancé l’hypothèse que la salle des taureaux dans la grotte de Lascaux pourrait être un lieu de culte lié au soleil. De là, l’artiste a imaginé des animaux qui s’affranchiraient des frontières telles que nous les percevons et qui pourraient changer d’ontologie. Il rejoint l’analyse de la philosophe et essayiste Elisabeth de Fontenay qui, dans Le Silence des bêtes, la philosophie à l’épreuve de l’animalité, s’élève contre une prétendue spécificité humaine, hétérogène à l’être vivant. Avec ses dessins sur photographies issus du Muséum d’histoire naturelle, Julien Salaud donne «  des images de fantômes  », dont les corps squelettiques sont recouverts de poils et de plumes. Le bestiaire est réinventé, laissant apparaître des chimères mixant corps de mammifères et ornements d’oiseaux. Plus étonnants encore, sont ses dessins ultracolorés de «  multichouettes  », figures fantastiques de l’homme et du divin réunis. Au-delà des représentations, l’animal est ici le transfuge d’un homme qui se rêve réincarné.

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