Loris Gréaud à Dallas – Dans la peau d’un vandale

Loris Gréaud, photo Minsk Studio courtesy GréaudStudio

Le Dallas Contemporary est un musée atypique dans le paysage institutionnel international : sans collection propre, son directeur, Peter Doroshenko, n’aime rien tant que promouvoir et partager les idées novatrices et audacieuses d’artistes de tous horizons. Dernier invité en date, le Français Loris Gréaud a reçu carte blanche pour s’emparer de l’ensemble des espaces du lieu, soit 2 400 m2.

Anges de marbre monumentaux, sculptures d’animaux hybrides, signes mystérieux d’écriture, photographies de lieux et de paysages indéterminés sont quelques-unes des pièces témoignant d’un monde insolite, réalisées au cours des cinq dernières années et réunies ici par le plasticien – par ailleurs musicien et réalisateur – pour transformer le Dallas Contemporary en un étonnant musée d’Histoire naturelle… en grande partie détruit le soir du vernissage ! Ce dans le cadre d’une « émeute » orchestrée par l’artiste, avec la complicité du personnel de l’institution et d’acteurs engagés pour l’occasion. « Il y aura un moment où nous perdrons tout simplement le contrôle de la situation, confiait l’artiste quelques jours avant l’ouverture de l’exposition au magazine américain W, conscient du risque potentiel lié à l’imprévisibilité de la foule. C’est là que le projet prend tout son sens. » A la place du traditionnel communiqué de presse, Loris Gréaud avait fait diffuser une courte histoire écrite par ses soins, dont l’action se situait justement le soir du vernissage. Une bande-annonce reprenant ce même texte en voix off avait été parallèlement mise en ligne sur un site dédié et celui du musée. Comme à son habitude, le plasticien est parti d’une idée dont il a déroulé le fil de longs mois durant, jusqu’à ce que le projet, intitulé The Unplayed Notes Museum, prenne forme et gagne en autonomie. La moitié des pièces devait être détruite le temps d’une performance censée durer 40 secondes. Les « vandales » en attaqueront finalement près du tiers pendant toute une minute. « Cela a été l’une des plus formidables expériences artistiques que j’ai vécues, affirmait-il le surlendemain. Juste après, j’étais même un peu déstabilisé, voire triste, car je me suis alors demandé si je parviendrais de nouveau à atteindre un tel niveau de tension dans mon travail… » Après avoir été le premier artiste – à seulement 29 ans – à se voir offrir l’opportunité d’investir totalement le Palais de Tokyo, en 2008 à Paris, puis le seul à avoir exposé simultanément au Centre Pompidou et au Louvre, en 2013, Loris Gréaud frappe fort pour sa première exposition muséale outre-Atlantique. Vivement la suite !

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