Bergeon et Keramsi – Corps à corps fusionnel

Alain Bergeon et Robert Keramsi courtesy Le Clos des Cimaises

Ils ont la passion du corps chevillée à l’art. L’un est peintre, l’autre sculpteur. Tandis qu’Alain Bergeon joue du pinceau dans la sérénité, Robert Keramsi fouille le ciment dans l’urgence. Proximité charnelle pour le premier, solitude existentielle pour le second. Deux tempéraments qui respectent les âges : le plus jeune a quarante ans quand l’aîné en a presque le double. Au-delà de leurs différences, ils ont en commun de dévoiler le désir, l’amour, la tendresse, parfois le doute, le désespoir. En un mot, la vie. Sans artifices, l’humain se livre corps et âme. Le Clos des Cimaises a réuni à nouveau les deux complices qui s’étaient quittés début juillet après une exposition remarquée à la Base sous-marine de Bordeaux. Ils n’ont rien perdu au change en troquant la côte girondine pour cet écrin bucolique en Charente-Maritime, à trente minutes de La Rochelle. Avec plus de 350 m2 sous une gigantesque hauteur de plafond, nos compères peuvent s’adonner à leurs jeux de miroirs favoris sur deux niveaux. Les œuvres se croisent, se regardent, se font signe, se reflètent en leur image à l’infini. Le petit peuple des sculptures qui déambule au milieu de scènes intimistes aux couleurs rares, propulse le spectateur au cœur de sa vérité émotionnelle. Amusé, intrigué, surpris par les toiles à la beauté déchirée d’un Modigliani qu’expose Alain Bergeon parmi les bonshommes aux sentiments échevelés comme la filasse de Robert Keramsi, il touche à sa propre grandeur et ses fragilités… qui sont aussi celles de l’autre.

Alain Bergeon, courtesy Le Clos des Cimaises
Vue de l’exposition, Alain Bergeon, 2009

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