Photo Docks Art Fair – Lyon sous le signe de l’image

Reportage, portrait ou démarche plasticienne, Photo Docks Art Fair se propose de mettre en lumière la photographie et la vidéo actuelles. La petite sœur de la foire d’art contemporain éponyme, qui se tient tout les deux ans depuis 2007, inaugure cette année sa première édition et offre de découvrir, du 5 au 28 septembre, les travaux de plus de soixante artistes, représentés par une vingtaine de galeries venues d’un peu partout en France, mais aussi d’Allemagne, de Belgique, d’Italie, du Maroc et du Niger.

A partir de cette année, Docks Art Fair vous donne rendez-vous tous les ans  ! Les années impaires, dans le cadre d’une foire atypique et dédiée aux solo shows  ; les années paires, lors d’un salon consacré à la photographie contemporaine et à l’art vidéo. «  Historiquement, Docks Art Fair est un événement qui s’articule avec la Biennale d’art contemporain et nous ne voulions pas changer ce concept, explique Patricia Houg, co-fondatrice et directrice de la manifestation. Mais, nous souhaitions mettre en place à Lyon un rendez-vous annuel pour les collectionneurs, les artistes et les galeries. Nous aimons les projets thématiques, la photographie, bien représentée dans la région, a déjà été à l’honneur avec le festival Lyon, Septembre de la photographie(1), c’était comme une évidence de créer Photo Docks Art Fair.  »

La manifestation se construit en deux temps. Le premier prend la forme d’une foire de trois jours – du 5 au 7 septembre – qui entend être un lieu de rencontre privilégié entre artistes, galeristes, institutionnels, professionnels, collectionneurs et amateurs d’art. Le second permet au public de venir admirer les œuvres durant trois semaines, à la manière d’une exposition muséale. Les galeries ont été invitées sur projet, ainsi que pour leur soutien aux jeunes artistes et à ceux en voie de reconnaissance. Plutôt que d’être disposés dans le cadre de stands, comme il est généralement de coutume sur les foires, les travaux réunis sont accrochés selon une scénographie destinée à éclairer chacune des démarches comme à en faciliter l’appréhension par les visiteurs. Une façon pour les organisateurs de mettre en avant le rôle curatorial des galeristes. «  C’est aussi une opportunité pour les collectionneurs et le public de prendre leur temps, souligne Patricia Houg. Dans une foire “classique”, les choses vont très vite, et c’est nécessaire car vous n’avez que trois à quatre jours pour voir, faire connaissance avec une œuvre, un artiste, une galerie. Les décisions doivent être prises rapidement. Nous espérons ici apporter un peu de sérénité dans un mode de vie toujours en mouvement, tel un zapping, où tout ne fait que s’accélérer. »(1) En 2012, les Rencontres 9PH ont pris le relais du festival Lyon, Septembre de la Photographie. De façon éphémère, puisque pour le moment, elles sont suspendues faute de financement.

Corinne Vionnet, courtesy galerie Binôme
Beijing, Corinne Vionnet@(galerie Binôme), 2007
Plusieurs focus sont par ailleurs au programme  : l’un concerne le travail de Vincent Olinet, récompensé en septembre dernier par le prix Montblanc/Docks Art Fair. Originaire de Lyon, où il est né en 1981, l’artiste développe une démarche qui mêle étroitement sculpture, photographie et dessin. Comme dans sa série Je ne peux pas faire de miracles, ensemble d’images réalisées à partir d’une «  installation  » de fruits, légumes et autres fleurs qu’il laisse reposer plusieurs jours au fond d’un aquarium. «  Je ne fais pas de la photo, mais un objet  », aime-t-il préciser. L’espace de la mezzanine, quant à lui, est investi par China ? Faraway, So Close !, exposition collective au titre emprunté, pour sa seconde partie, au film réalisé en 1993 par Wim Wenders. Elle fait suite à une première manifestation ayant réuni des artistes chinois et portugais à Pékin, en mai dernier, puis à Lisbonne en juin. Y était explorée l’idée d’identité «  transglobale  », dépassant les cadres géographique, économique ou politique. L’approche choisie par les deux commissaires – le Chinois Zhou Ying et le Portugais José Drummond – pour l’exposition de Lyon, à laquelle participent une dizaine d’artistes(2), part de la supposition selon laquelle, dans notre monde globalisé, même si nous sommes géographiquement éloignés, nous vivons tous plus proches les uns des autres que jamais, notamment grâce à la technologie.

Parallèlement à la manifestation principale, qui se tiendra tout au long du mois de septembre au Pavillon 8, bâtiment conçu par Odile Decq dans le quartier de La Confluence, les organisateurs de Photo Docks Art Fair ont invité les structures les plus diverses – municipalités, associations, entreprises, centres culturels, étudiants, artistes, etc. – à faire connaître leurs événements photo et vidéo. Les projets retenus forment un parcours, à suivre dans Lyon et ses environs, intitulé Les Itinérances. «  Photo Docks Art Fair reste une foire d’art contemporain, rappelle Patricia Houg, ne peuvent donc y participer que les galeries professionnelles. Mais le territoire de la région est très riche en plasticiens qui n’ont pas forcément l’appui nécessaire pour être représentés. Face au nombre de dossiers que nous étions dans l’obligation de mettre de côté, nous avons décidé de créer Les Itinérances afin de proposer au public un circuit parallèle.  » Soit une trentaine de lieux et de projets éclectiques à découvrir au fil de vos envies. A Lyon, la rentrée est bel et bien placée sous le signe de l’image.(2) Les artistes participant à l’exposition China ? Faraway, So Close ! sont Hong Hal, Joao Pedro Rodrigues & Joao Nui Guerre Da Mata, José Drummond, Miguel Palma, Ni Youyou, Nui Cascada Bastos, Wang Kingston, Wang Quignon, Ring Danien et Ye Chenu.

Dominique Clerc
Coïncidence, Dominique Clerc@(galerie Dock Sud), 2014

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