Au programme de 2016 – Informer et créer en liberté

A la relecture des vœux de l’an dernier, je ne peux que constater le caractère insensé et vain d’un tel exercice. Résumés par l’association suivante  : «  Légèreté et enthousiasme  », les souhaits formulés pour 2015 n’ont pas été suivis des faits. Loin s’en faut. Dès le septième jour du mois de janvier, tous les espoirs de voir se réaliser nos aspirations sont tombés à l’eau et c’est le souffle coupé qu’il fallut poursuivre la route. En conservant en mémoire les victimes marquées irrémédiablement dans leurs chairs et leurs cœurs. Ce qui est arrivé ce jour-là nous a amenés à repenser l’essentiel – tout particulièrement d’un point de vue professionnel – et à élaborer une réaction. Il nous semblait important d’agir, d’apporter ne serait-ce qu’un commencement de réponse, d’une manière ou d’une autre, en fonction de nos tempéraments et de nos capacités. C’est ainsi que nous avons décidé de publier chaque mercredi une mise à jour du texte écrit au soir du 7 janvier en y adjoignant des informations concernant cette liberté d’expression que nous n’entendons qu’irréductible. Non seulement notre métier est le journalisme mais en plus nous l’exerçons au sein de la création contemporaine  : deux domaines pris régulièrement pour cible de par le monde. Deux professions, deux vocations, deux missions, victimes trop souvent de pressions, d’emprisonnements, de tortures, d’exécutions, d’assassinats. La rédaction d’ArtsHebdoMédias a donc choisi de relayer les infos concernant toute volonté manifeste de faire taire les journalistes et les artistes. Chaque mercredi, les lecteurs fidèles (qu’ils soient ici remerciés pour leur soutien) ont ainsi pu retrouver sous l’intitulé «  Tous les jours Charlie  » des nouvelles, la plupart du temps inquiétantes, mais aussi parfois encourageantes, sur ces questions. Evidemment, les événements du 13 novembre n’ont fait qu’exacerber l’idée qu’il fallait garder les yeux ouverts et œuvrer chacun à sa place à rendre le monde plus acceptable et, si possible, plus libre. Vous l’aurez compris  : les formules habituelles vous souhaitant une bonne année restent toutes coincées à l’intérieur de ma plume numérique. Non qu’elles ne seraient pas sincères, mais parce qu’il est difficile de faire comme si de rien n’était. Bien entendu, la rédaction d’ArtsHebdoMédias souhaite à chacun d’entre vous le meilleur et, pour cette année d’après, prépare le lancement d’un nouveau média exclusivement consacré à la liberté d’informer et à celle de créer. Pour l’occasion, des journalistes et des artistes travailleront ensemble clamant bien fort que la liberté d’expression ne doit pas seulement être un concept, un sujet de discussion mais qu’elle est un exercice à se promettre et à s’imposer, absolument. L’action doit remplacer le discours. Aussi modeste soit-elle. Il suffit des incantations. Comme une réponse aux réflexions de ces derniers mois, la quatrième de couverture d’un essai a surgi opportunément au détour d’une table dressée par la librairie d’à côté. Je vous en livre ici un extrait. «  Non, la question de la promesse n’est pas d’abord celle de l’infidélité. Pour penser la promesse, il faut cesser de l’envisager à l’horizon du seul manquement, de l’inéluctable trahison, bref de la fausse promesse. Si cet engagement a une valeur, c’est comme décision d’affirmer notre responsabilité humaine, notre aptitude à répondre de la parole donnée. Cette parole est action  : que je dise “je t’aimerais toujours”, “en janvier j’aurai fait baisser le chômage” ou simplement “comptez sur moi pour être à l’heure demain”, à l’instant même où je promets, je proclame non seulement l’incertitude de l’avenir mais surtout ma capacité à engager ce futur imprévisible, qui soudain dépend tout entier de moi. Acte éthique par excellence, la promesse est donc la manifestation la plus puissante de notre volonté, le témoignage le plus exaltant de notre liberté.  »* C’est donc sur une promesse que nous débuterons 2016  : celle de continuer à informer sur la création de notre temps et à faire connaître les artistes d’ici et d’ailleurs. Librement.

* Qui tient promesse  ? sous la direction de Jean Birnbaum, collection «  Folio Essais  ».

Une nouvelle version de votre site d’information consacré aux artistes et à l’art contemporains sera prochainement en ligne. 

GALERIE

slider
Pas d'images trouvées
Contact
Crédits photos