Thierry Fournier | Heterotopia

Les sujets, les corps et les objets qui composent cette exposition conçue par Thierry Fournier traversent des statuts multiples : des désirs exprimés sur internet sont captés en temps réel et lus par des voix de synthèse qui génèrent un paysage infini (Ecotone), un dispositif projette dans l’espace les témoignages de transfuges des réseaux sociaux (I quit), un programme s’interroge sur la nature humaine de ses spectateurs (Just in case), des smartphones produisent des textes autonomes (Oracles), un néon affiche le souhait d’être caché (Hide me), deux installations composent des organes hybrides (Nude, Apparatus), des mains sont transformées par leurs gestes (Futur instant)... Pensée comme un environnement global, l’exposition s’empare de l’espace de la chapelle, avec son architecture mais aussi sa mémoire. Au sein de ce lieu qui a été un couvent puis un tribunal, l’écho de Michel Foucault dans le titre suggère que les « contre-espaces » juxtaposant plusieurs réalités et expériences ne se déploient plus aujourd’hui seulement dans l’architecture, mais traversent aussi le réseau, les individus et les corps. Visuel : Ecotone, Thierry Fournier, 2015.