Rebecca Digne | Tracer le vide

« La première exposition personnelle de Rebecca Digne à la galerie Escougnou-Cetraro présente un ensemble de sculptures et de vidéos qui s'inspirent d'un territoire abstrait, la langue maternelle, un langage relationnel qui au travers des stratégies de mimétisme et d'assimilation favorise un échange premier libre de toute forme de catégorisation sociale et géopolitique. Il s'agit d'une approche sensible du monde, définie comme inconsciente, qui révèle la portée psychologique de la construction identitaire. (...) Dans ses œuvres, au travers de déclinaisons formelles nombreuses, une recherche stratifiée lui permet de faire resurgir son expérience biographique, déployée entre les côtes italiennes et les côtes françaises. Les deux pays, dans lesquels l'artiste a grandi, représentent une géographie personnelle nécessaire, une sorte de plateforme indispensable pour son enquête psychologique du vécu et pour son expérimentation intemporelle du vide. (...) La pluralité de formes proposées dans cette exposition respecte le caractère à la fois abstrait et tangible du projet de l'artiste. Le film et la sculpture activent ici un dialogue fondé sur un échange permanent, sans priver les œuvres de leur autonomie. L'immersion dans ces images poétiques renvoyant aux notions de perte et d'attachement, à l'expérimentation du vide et de l'ancrage et à l'exploration d'espaces mentaux et physiques montre à quel point Rebecca Digne observe et analyse, avec persévérance, les dimensions visibles et invisibles du processus de transformation du soi. » Alessandro Gallicchio, commissaire de l’exposition. Visuel : Tracer le vide (arrêt sur image vidéo), Rebecca Digne, 2017.