Performance ! | Une exposition du 40e anniversaire du Centre Pompidou

« Performance ! » bouscule la pratique de l’exposition. Le projet met en scène une histoire singulière, jouant de l’instant éphémère et de sa possible répétition par l’image ou le reenactment. S’y croisent les nombreux domaines artistiques qui convergent dans l’œuvre performée : la danse et la chorégraphie, la musique et les pratiques sonores, le langage du geste construit par toutes les possibilités du corps, les dispositifs ouverts d’installations participatives ou immersifs, plaçant au cœur de l’œuvre l’expérience du spectateur. Performance : le mot résonne au-delà du champ artistique. Venu des arts du spectacle (dans la tradition anglo-saxonne), et de la culture sportive, le terme imprègne aujourd’hui les sociétés postindustrielles, avec leurs « indicateurs » évaluant chaque secteur de l’activité humaine. C’est également une pratique implicite des médias sociaux, où les relations se forment et s’inventent par et à travers les représentations de soi. L’historien Stephen Greenblatt a mis en évidence une culture très sophistiquée du Self-fashioning dès la Renaissance, autrement dit la construction consciente d’une image du moi social. C’est aujourd’hui un comportement tout entier qui s’élabore quotidiennement dans le prisme de la technologie. L’art du 20e siècle s’est saisi de l’idée de performance pour en reformuler les termes, en faire une pratique critique : répondre à l’accélération du temps tout en y opposant des stratégies autres, retournant et subvertissant le principe de productivité. L’intensification de ces formes d’art au 21e siècle pose plus encore la question de l’expérience. Elle renouvelle ce vitalisme critique, réinvente l’ici et maintenant, ravive la question posée par Spinoza : « que peut un corps ? ». Dans les amples espaces du Tripostal et de la Gare Saint Sauveur, l’exposition réunira chefs-d’œuvre, pièces rares et créations, suggérant des dialogues inédits et des lignes de fuite multiples. De grandes installations vidéo en formeront l’armature, que viendront habiter des performances live. Au Tripostal, le parcours se développe autour de trois axes : Mouvement sur mouvement, Scènes de gestes et Objets d’écoute. Un programme de performances viendra en contrepoint. Et aussi : les célèbres nuits du Tripostal, le spectacle IN Plain Site présenté par l’Opéra de Lille, la Cantine du Tripostal, boutique… A la Gare Saint Sauveur, sur le plateau laissé à nu se déroule une topographie labyrinthique d’images animées. La performance apparaît ici sous son angle de jeu : jeux de l’enfance et jeux sérieux sont chargés d’un même risque vital, d’une exploration dont on ne connaît pas l’issue et qui pourtant nous constitue. Avec : Vito Acconci, Saâdane Afif, Doug Aitken, Francis Alÿs, Eleanor Antin, Ed Atkins, Jérôme Bel, Trisha Brown, Angela Bulloch, Claude Closky, Danica Dakić, Guy De Cointet, Brice Dellsperger, Rineke Dijkstra, Stan Douglas, Hans-Peter Feldmann, Robert Filliou, Kit Fitzgerald, William Forsythe, Aurelien Froment, Dan Graham, Renee Green, Pierre Huyghe, Ryoji Ikeda, Joan Jonas, Mike Kelley, Hassan Khan, Xavier Le Roy, Babette Mangolte, Christian Marclay, Aernout Mik, Bruce Nauman, Claes Oldenburg, Denis Oppenheim, Camil Pia, Anthony Ramos, Lili Reynaud Dewar, La Ribot, Pipilotti Rist, John Sanborn, Raphaël Sarka, Sarkis, Cindy Sherman, Beat Streuli, Salla Tykkä, Gilles Touyard, Claudia Triozzi, Rosemarie Trockel, Apitchapong Weerasethakul & Christelle Lheureux, Peter Welz, Franz West, Scarlet Yu...