O ! Watt up, de Watteau et du Théâtre | Exposition collective

En 2017, à Nogent-sur-Marne, dans un centre d’art dont le parc aurait « soi-disant » accueilli les derniers jours du peintre Antoine Watteau, une exposition convoque des artistes, peintres ou non. Prenant donc prétexte de la mort supposée de l'artiste dans la propriété, ce qui permit le classement de son parc, la Maison d’Art Bernard Anthonioz fait du peintre la figure tutélaire de son exposition d’été. Par ce truchement faisant abstraction des Fêtes Galantes – l’implantation de la Maba pouvant suffire à y faire écho – les artistes invités interrogent tout comme Watteau le fit trois siècles plus tôt, le Théâtre. Car le theatron, l’« endroit où l’on voit » est un lieu où s’exercent des enjeux duels; représentation d’une réalité c’est un simulacre de celle-ci qu’il (re)joue, singe et met à distance, et, dans le même temps, il est une loupe placée sur celle-ci. Quand le théâtre est déjà représentation, l’exposition « watteauesque » donne à penser la représentation de la représentation et s’interroge de la récurrence du théâtre comme sujet, comme caractéristique, comme forme dans la création plastique actuelle. Aussi, si le théâtre est bien ce lieu destiné à une réception collective, à la transmission, à l’éducation, au divertissement… il ne faut pas omettre pour autant sa qualité subversive, car il est espace du travestissement et du renversement des valeurs. Éminemment dangereux, donc. Avec des œuvres d'Anne Brégeaut, Alex Cecchetti, Patrick Corillon, Kris Knight, Maude Maris, Ad Minoliti, Anne Laure Sacriste, Emmanuelle Villard. Visuel : Kris Knight, Yesterday's boy, 2016.