Newwwar. It’s Just a Game ? | Exposition collective

L’exposition annuelle du Centre d’art Bandjoun Station, fondé par Barthélémy Toguo au Cameroun, réunit les œuvres de Léa Belooussovitch, Matthieu Boucherit, Thibault Brunet, Nidhal Chamekh, Wanko Cubart, Alexandre d’Huy, Harun Farocki, Omer Fast, Mounir Fatmi, Thierry Fournier, Hortense Gauthier, Alain Josseau, Annick Kamgang, Léa le Bricomte, Émeric Lhuisset, Gastineau Massamba, Wilfried Mbida, Alioum Moussa, Massinissa Selmani, Victoire Thierrée, Barthélémy Toguo, Aurélien Vret et Charlotte Yonga. « Newwwar. It’s just a Game aborde les nouvelles manières de faire la guerre : à distance, télécommandée, jouée, fictionnalisée, mise en scène, écrit Marion Zilio, commissaire de l’exposition. La configuration typique des affrontements tend vers une forme de guerre dite “asymétrique” où, d’un côté, se déploie un arsenal militaire ultra sophistiqué, brassant des millions de dollars ; quand, d’un autre côté, les plus démunis recourent à des pratiques alternatives, voire artisanales, mais dont les opérations sont toutes aussi sidérantes. (...) Or, dans l’un comme dans l’autre camp, on évite soigneusement le face à face, en se tenant au maximum à distance des assaillants : on enrôle des volontaires au martyr en les équipant de ceintures explosives ; on pilote des drones armés en véhiculant le discours de la “guerre propre”, à l’ombre de bureaux climatisés. (...) Newwwar. It’s Just a Game est une guerre de surfaces, où l’on joue “caché ”, par personnes interposées. Une guerre renvoyant à des images d’images, au musée des horreurs du passé se mêlant aux fantasmes des blockbusters. Newwwar est une guerre de l’ère post-internet, où le spectacle flirte avec l’hystérie collective, où la pulsion scopique se pare des oripeaux du sublime, où la guerre se poursuit sur le territoire des représentations, lorsqu’elle pénètre les croyances, forge ses armes dans la peur et la manipulation des affects. » Visuel : Stupid Tourism (série), Charlotte Yonga, 2017.