Cyprien Gaillard | Roots Canal

Que ce soit avec ses films, photographies ou sculptures, Cyprien Gaillard évoque la perpétuelle destruction, préservation ou reconstruction des villes. Les œuvres présentées ici traduisent l’incessante transformation du paysage urbain et celle, conjointe, de la nature et des hommes. Au bord du basculement, les œuvres de l’artiste français évoquent l’imminence, ou l’avènement, d’une métamorphose. Elles interceptent le moment de la chute, ou restent suspendues dans l’instabilité d’un devenir. Dressée au cœur du Musée Tinguely et présentée pour la première fois en Europe, une série de têtes d’excavatrices incarne précisément ce moment de suspension. Métaphore de la voracité des hommes, ces outils caractéristiques des grands chantiers se muséifient ici pour devenir les fossiles d’un temps futur. En contre-point, un vol d’oiseaux exotiques audessus d’une ville européenne en mutation, des polaroïds en voie d’effacement et une immersion hallucinatoire dans une nuit citadine emplie de souvenirs. De ces fragments disparates, voire antagonistes, l’artiste recompose un univers où le macrocosme et le microcosme, l’outil et son objet, la ville et ses habitants, la machine et la nature, cohabitent dans un équilibre aussi parfait que fragile. Visuel :